Algérie : Le caricaturiste Djamel Ghanem risque un an de prison

Algérie : Le caricaturiste Djamel Ghanem risque un an de prison

Alger - Le tribunal d'Oran, a requis une peine de 12 mois de prison ferme contre le caricaturiste Djamel Ghanem, poursuivi pour un dessin jamais publié, évoquant la maladie de Bouteflika, rapporte mercredi la presse locale.

Le caricaturiste, Djamel Ghanem, qui travaillait pour le journal local 'La Voix de l'Oranie', risque une amende de 200 mille dinars algériens (20 mille dirhams environ), également requise par le parquet à l'ouverture de son procès, la veille. 

 

M. Ghanem est inculpé, depuis le 20 novembre dernier, sur la base d'une plainte de son ancien employeur, "d'abus de confiance, tentative de nuire à l'entreprise et atteinte à la personne du Président".

Dans cette affaire décrite de "grave précédent dans les annales des atteintes à la liberté de la presse", on est face à deux versions. La direction du quotidien évoque un conflit avec son employé pour 7 années de salaires impayés, raison pour laquelle il a tenté de nuire au journal en essayant de faire passer à leur insu la caricature. 

 

L'autre version des faits relaté par le concerné lui-même: "Nous étions deux caricaturistes. L'un travaillait pour la Voix de l'Oranie et l'autre pour Sawt El Gharb. Je me suis retrouvé à travailler seul pour les deux mais avec le même salaire. Nos tentatives de joindre la direction de ces deux quotidiens sont restées vaines". 

 

L'affaire de Djamel Ghanem était intervenue dans la foulée de celle du jeune blogueur Abdelghani Aloui, placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre dernier, après la publication sur son compte Facebook, de photomontages et de caricatures du chef de l'Etat et du Premier ministre. 

 

La défense du jeune Aloui avait exprimé l'intention de saisir la Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU et le Groupe de travail sur la détention arbitraire pour "condamner l'Algérie pour violation des droits de l'Homme et atteinte à la liberté d'expression". 

 

Suite à la condamnation, en novembre dernier, d'un autre journaliste algérien, Rabah Benamghar, pour diffamation d'un élu local, Reporters sans frontières (RSF) avait souligné que ce jugement "constitue une menace importante pour la liberté de l'information", pressant les autorités à "réformer le texte portant sur le statut des journalistes".

Total de votes : 21

Ajouter un commentaire