L’Algérie est-elle maudite ?

Algerie maudite

En Algérie, c’est un fait, des crises dans toutes leurs composantes se suivent une à une, impassibles et font mal à un peuple qui endure les errances de ses dirigeants. C’est à croire que la pays est maudit.

 

Certes, les temps sont durs pour tous, m’enfin ! L’Algérie et particulièrement ses dirigeants devraient se résigner à concevoir que la seule façon de briser la fatalité, qui pèse sur leur pays et le peuple algérien, consiste en un premier lieu à modifier leur vision du monde, leur façon de penser et leur mode de gouvernance.

 

Ce mois de juillet 2021, que le peuple algérien n’est pas prêt d’oublier de sitôt de par la succession de ses catastrophes qui au passage annoncent un été des plus torrides et tenant du désastre, devrait pourtant donner à réfléchir au régime kaki.

 

C’est que le gouvernement, tel un beaujolais nouveau – tout juste arrivé-, est appelé à gérer des dossiers difficiles dans une conjoncture exceptionnelle. Il est essentiellement attendu sur deux fronts, l’un économique et l’autre social. Si  pour le premier, il n’est pour l’heure, nulle urgence tant que les robinets, autres que ceux de l’eau, coulent à flot et que les généraux s’en mettent plein la gourde ou les poches c’est selon, pour le second la solution est toute trouvée, il n’y a qu’à s’en référer à près de six décennies de main mise du pouvoir, Dame matraque est toute désignée.

 

On le voit donc en Algérie, il y a fort à faire pour le nouveau venu Aymen Benabderrahmane. Cependant, il n’a pas trop à s’en faire quant à la politique à suivre, l’option du bâton est toute désignée, le seul embarras n’étant que dans le choix, bâte, bâton pastoral, ou de commandement à défaut de maréchal que l’armée algérienne ne possède point. Quant à la carotte ; elle est toute vouée à certains cercles dont très certainement le sien.

 

Cela étant, juillet « in Algéria » du moins en son début, n’a pas été radin ni en évènements ni en statistiques macabres. La santé et Dame Covid, la Justice et l’emprisonnement qui repart de plus belle avec ses chaleurs, l’eau rationnée, les feux de forêts, les accidents de la circulation routière, noyades et tiens même les indispositions à la baignade et on en passe et des pas vertes, sont là pour nous rappeler l’été torride que vit ce grand pays à l’Est de l’Eden.

 

Comme dirait l’autre, « sur chaque front, il serait injuste de se reposer sur la fatalité ou de pointer du doigt le reste du monde, histoire de désigner un coupable invisible », alors que la main du régime militaire algérien et ses sbires se désigne d’elle-même. Comme un mauvais présage, le mois s’est ouvert par le brasier de Khenchla où dans un incendie ravageur en signe de catastrophe écologique, près de 1 500 hectares de couvert végétal, composé principalement de pins d’Alep, se sont envolés en fumée.

 

Ce même jour, dans la wilaya de Chleff à l’ouest du pays, près de deux cents estivants qui se baignaient sur une plage, à Ténès sont victimes de malaises, présentant des symptômes inquiétants : une forte toux, une rougeur des yeux et des difficultés respiratoires. Le pays est en outre confronté à une troisième vague de contamination par le coronavirus.

 

Le problème ici n’est pas dans la résurgence des contaminations. Il est dans le niveau de responsabilité dans la hiérarchie de l’Etat qui laisse un système de Santé en Algérie s’effondrer et qui jusqu’avant l’avènement de Dame Covid se voulait exemplaire et bombait le torse sur le continent. Aujourd’hui il se fait aussi infiniment petit que le virus lui-même. Les mesures de distanciation, le port du masque, sans compter la campagne de vaccination complètement ratée y sont également pour beaucoup.

 

Vendredi dernier, plus de 100 personnes, dont 90% d’enfants, ont été victimes d’une intoxication alimentaire, suite à la consommation de petit-lait dans une commune à Blida (Ouled Yaïch). Le 9 juillet, ce même jour, deux horribles tragédies routières, presque à la même heure à Constantine et à Bordj Badji Mokhtar se traduisaient d’un bilan macabre horrible de 27 morts dans deux accidents d’une rare violence.

 

Le sang ne séchait pas encore qu’un autre grave accident venait endeuiller des familles à Ghardaïa. 18 personnes trouvaient la mort et 50 autres ont été blessées, dans un accident impliquant un bus de transport de voyageurs. Au même moment, on faisait état d’une chute d’un bus de voyageurs dans un ravin à Aïn Témouchent causant, 12 blessés. Côté eau ou mer en deux jours, 28 personnes décédaient par noyade sur le territoire national.

 

Que dire alors de la crise de l’eau, la deuxième plus grave pénurie d’eau en 20 ans, qui vient s’ajouter aux incendies de forêts et à la recrudescence scandaleuse des accidents de la circulation et des noyades. L’eau est rationnée un peu partout dans le pays. La gestion de l’eau potable est des plus catastrophiques.

 

Après deux décennies où pourtant des ouvrages ont été réalisés, pour garantir l’eau 24 heures à de nombreuses wilayas, l’Algérie se retrouve dans la même situation de pénurie qu’il y a deux décades, avec à la clé les mêmes scènes d’émeutes et de rébellions.

 Mohamed Jaouad EL KANABI