Gdeim Izik Victims

Les accusés dans les violences de Gdim Izik se sont retirés de leur procès après 18 audiences, refusant de comparaître devant la Cour et de confronter les témoins, après avoir été cernés par des preuves irréfutables établissant leur implication dans les actes criminels pour lesquels ils sont poursuivis, a affirmé, lundi, le représentant du Parquet, Khalid Kerdoudi. 

 

Reconnus par les témoins, qui ont précisé leurs noms et leurs qualités au sein du camp, les accusés ont, dans un premier temps, refusé de comparaître devant la Cour pour se soumettre à la procédure de confrontation avec les témoins à décharge cités à comparaître sur requête de leur défense et avec les témoins à charge, dont l'audition a été demandée par le parquet, avant de décider, dans un deuxième temps, de se retirer, une fois cernés par la vérité, qui a commencé à se profiler pour la Cour, l’assistance et les observateurs nationaux et internationaux, a affirmé M. Kerdoudi dans son réquisitoire devant la chambre criminelle près l’annexe de la Cour d’appel à Salé. 

 

Concernant les allégations de torture et le manque de conditions du procès équitable, M. Kerdoudi a indiqué qu’il s’agit d’une stratégie vouée à l’échec et non fondée sur la moindre preuve. 

 

Revenant sur les événements de Gdim Izik, survenu le 8 novembre 2010 à Dchira, près de Laâyoune, il a affirmé que les accusés ont procédé, sur accord préétabli avec des parties étrangères, à séquestrer un nombre considérable de citoyens, ajoutant qu’au moment de l’intervention des éléments de la force publique pour libérer les citoyens, ils les ont agressés au moyen d’armes blanches, de bonbonnes de gaz, de pierres et de véhicules tout-terrain. 

 

A ce propos, le représentant du parquet s’est interrogé sur l’utilité des armes blanches saisies chez les accusés et apparus dans les vidéos diffusées devant la Cour et qui ont été utilisées contre les forces de l'ordre, ainsi que sur les véhicules tout-terrain au sein du camp, les sommes d’argent en devise qui étaient en leur possession, la séquestration de citoyens pour les utiliser comme boucliers humains, l’usage de la violence à l’encontre de fonctionnaires publics chargés du maintien de la sûreté et de la sécurité des citoyens et de sapeurs-pompiers assurant une fonction purement humanitaire et la mutilation de cadavres sans égard à leur sacralité. 

 

Après avoir rappelé les chefs d’accusation, à savoir "constitution de bandes criminelles et violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné leur mort avec préméditation, mutilation de cadavres et complicité", le représentant du parquet a souligné que les éléments de la constitution d'une bande criminelle sont réunis et bien établis à l’encontre des accusés, à travers les PV de la police judiciaire, les témoins ayant reconnu la majorité des mis en cause, les PV de constatation, les objets saisis, les vidéos diffusés au sein de la salle d’audience, le rapport sur les mouvements de certains accusés à travers les frontières avant l’installation du camp et les appels téléphoniques interceptés dans lesquels des dirigeants du polisario incitaient, un peu avant l’installation du camp, des mis en cause à user de la violence contre les éléments de la force publique et à élever le plafond des revendications pour les rendre irréalisables, en plus de la concordance entre les données contenues dans les PV et les témoignages et appels interceptés. 

 

Le représentant du parquet a également exposé un schéma expliquant la gestion intérieure du camp, la répartition des rôles entre les membres de la bande criminelle, menée par le dénommé Naama Assfari, notant que suivant les preuves à charge soumises à la Cour, l’installation du camp de Gdim Izik n’était pas animée par des revendications sociales, mais avait pour objectif de porter atteinte à la stabilité intérieure du pays, vu l’accord préétabli et la répartition des rôles entre les membres de cette bande criminelle et l’intention préméditée de commettre des crimes à l’encontre des éléments de la force publique comme l’ont confirmé les témoignages. 

 

Le procès de Gdim Izik se tient devant la Chambre criminelle près la Cour d'appel à Salé, après la décision de la Cour de cassation d'annuler le verdict prononcé contre les mis en cause par le tribunal militaire en 2013.

 

Le tribunal militaire de Rabat avait prononcé, le 17 février 2013, des peines allant de 20 ans de prison ferme à la perpétuité contre les accusés dans ces événements, poursuivis pour "constitution de bandes criminelles et violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné leur mort avec préméditation, mutilation de cadavres et complicité".

 

Les violences de Gdim Izik avaient fait 11 morts et 70 blessés parmi les forces de l'ordre et quatre parmi les civils, ainsi que d'énormes dégâts matériels au niveau des établissements publics et des biens privés.

12/06/2017