«Le Polisario perd la bataille de Guerguerat», selon l’agence de presse espagnole EFE

Il y a des résultats que l’action diplomatique peut générer mieux que le crépitement des armes. C’est le constat dressé par l’agence de presse officielle espagnole, EFE, qui a consacré dans son édition du samedi 29 avril une analyse très édifiante sur la crise qui a opposé depuis le mois d’août 2016 le Maroc et le Polisario, soutenu par Alger. L’une des plus graves crises qui aient jamais éclaté depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu en novembre 1991.

 

Sous ce titre parlant: Le Polisario perd la bataille de Guerguerat, l’auteur de cet article-analyse, Javier Otazu, estime que «le Polisario n’a pas accompli quoi que ce soit» dans sa partie de bras de fer avec le Maroc. «Le Polisario a dû retirer dans les dernières heures tous ses hommes et véhicules de la région de Guerguerat», souligne-t-il, relevant que ce retrait contredit la «décision» du front claironnée sur tous les toits de maintenir «coûte que coûte» ses éléments armés dans la zone tampon. «Aucune balle n’a été tirée» durant les huit mois de la crise de Guerguerat, fait-il encore remarquer, rappelant que «que les deux parties se trouvaient (pourtant) à seulement 120 mètres les unes des autres».

Par cette escalade, le Polisario, galvanisé par Alger, espérait se rappeler au souvenir de la communauté internationale et ainsi «se donner de la visibilité». «Le Polisario a fait valoir que les problèmes du Sahara étaient liés à des questions de fond: la relance des négociations bloquées par le Maroc, le rôle de la mission de l'ONU (MINURSO) limité à un simple contrôle du cessez-le-feu, le rôle d'observateur et le retour de tout leur personnel, y compris ceux expulsés par le Maroc un an plus tôt», relève encore le journaliste de l’agence EFE.

 

Et d’ajouter: «Pour le Polisario, sa présence ou son absence dans Guerguerat était secondaire par rapport à ces données, mais au moins cela devait servir à rappeler tous les problèmes qui ont conduit le conflit dans une impasse». «Le Polisario, dirigé par un nouveau secrétaire général, Brahim Gali,  voulait probablement sortir le conflit du Sahara de l'oubli et montrer qu’il avait déplacé ses hommes dans son territoire parce qu'il était «à la maison». De plus, Ghali est allé lui-même encore plus loin et s’est pris en photo à un point sur la côte près de la ville de Lagouira, juste pour prouver leur présence».

Seulement, tout cela s’est avéré peine perdue. Outre le retrait du Polisario de la région de Guerguerat, effectué «dans les dernières heures» avant le vote de la nouvelle résolution sur le Sahara -certainement par crainte d’une condamnation sans appel de la part de cette instance décisive de l’ONU- le front séparatiste s’est vu débouter de sa sacro-sainte demande d’organisation d'un «référendum d’autodétermination».

 

«La nouvelle résolution adoptée vendredi 28 avril n’inclut pas dans son texte le mot «référendum» et suggère que «l’autodétermination du peuple sahraoui» peut être réalisée grâce à des solutions en accord avec la Charte des Nations unies», souligne l’agence EFE. «C’est précisément ce que le Maroc recherchait: écarter l’idée du «référendum» et remettre en selle sa proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine», qualifiée de «crédible» et «sérieuse» par le Conseil de sécurité, dans sa résolution 2351, comme d’ailleurs toutes les précédentes résolutions adoptées depuis le lancement du processus de négociations, en 2007 à Mahasset, en banlieue new-yorkaise.

 

Autre acquis du Maroc, et il n’est pas des moindres: «Le tronçon terrestre reliant le dernier poste frontalier du Maroc au premier point frontalier au nord de la Mauritanie a été (presque) construit», relève encore EFE dans une analyse à la limite du «certificat de décès» de l’utopie algéro-séparatiste.