Taïeb Fassi-Fihri

Hamid Chabat traîne toujours comme un boulet au pied ses déclarations sur «la marocanité de la Mauritanie». Son mea-culpa ne suffit plus. Hier soir, Fassi-Fihri est monté au créneau pour rappeler, sur une chaîne publique, les préjudices causés à la diplomatie marocaine par la sortie du secrétaire général de l’Istiqlal.

La page des déclarations de Hamid Chabat sur «la marocanité de la Mauritanie» n’a pas été réellement tournée. Hier soir, sur Al Aoula, c’est Taïeb Fassi-Fihri qui a rappelé cet épisode à la classe politique. Invité à commenter l’adhésion du Maroc à l’organisation panafricaine, le conseiller du roi a saisi l'occasion pour revenir sur la sortie hasardeuse du secrétaire général de l’Istiqlal.

 

«J’affirme que ces propos ont été à l’origine de multiples problèmes [pour la diplomatie marocaine]. Des délégations africaines ont informé la délégation marocaine de la gravité de ces déclarations alors que les adversaires du Maroc les ont instrumentalisées en vue de perturber le retour du Maroc à l’Union africaine.»

Quelles conséquences pour l’avenir politique de Chabat ?

C’est la première fois qu’un proche du roi Mohammed VI critique vertement les dérapages de Hamid Chabat sur la Mauritanie prononcés en plein examen de la demande d'adhésion à l’UA.

Il a fallu que le souverain appelle Mohamed Ould Abdel Aziz et envoie d’urgence Abdelilah Benkirane et Nasser Bourita à Zouirate pour le rencontrer et faire baisser la tension. L’intervention du roi a au moins permis à Rabat de gagner la voix de Nouakchott à son admission à l’Union africaine, et même d’envisager une normalisation des relations.

La sortie de Fassi-Fihri aura-t-elle des conséquences sur l’avenir politique de Chabat ? Le secrétaire général se prépare, depuis des mois, à rempiler pour un second mandat à la tête de l’Istiqlal à l'occasion du prochain congrès prévu au printemps. Une ambition qui pourrait être contrariée par un mouvement d’opposition grandissant, mené par des figures emblématiques du PI dont M’Hamed Boucetta et Abbas El Fassi, notamment.

Les critiques de Fassi-Fihri interviennent quelques heures après la publication par le quotidien Al Alam, dans son édition de mardi, d’une carte du Maroc sans le Sahara occidental.

 

01/02/2017