​Les camps de Tindouf s’embrasent en plein Ramadan

Le calendrier lunaire a imposé à l’Algérie de s’aligner sur tous les pays de la région pour accueillir le mois béni du Ramadan dont elle a toujours décalé le début d’un jour. Poussée par la haine qu’elle éprouve, sans savoir pourquoi d’ailleurs, à l’égard du Royaume, elle a toujours voulu marquer sa différence, quitte à imposer aux populations algériennes de jeûner plus qu’il en faut. Qui dit Algérie, dit camps de Tindouf. Dans ces camps-là, les populations assoiffées, affamées et coupées du monde par le DRS algérien et les valets que ce département leur impose, ont marqué le premier jour du Ramadan en organisant l’une des plus grandes marches de protestation jamais connues dans les différents camps.
Les manifestants ont ainsi dénoncé la saisie arbitraire de leurs véhicules ordonnée par le chef du Polisario et appliquée par les militaires algériens qui contrôlent les camps, empêchant ainsi, les populations de se déplacer ou d’exercer la moindre activité en dehors des campements.
Ces manifestants cantonnés dans les camps du Sud-ouest de l’Algérie, ont également réclamé la libération de leurs camarades arrêtés par le DRS algérien et la levée de la saisie qui frappe leurs véhicules.
Désœuvrés, privés de leurs moyens de déplacement et sans perspective de sortir de la situation d’oisiveté dans laquelle ils se débattent depuis des décennies, les habitants des camps n’avaient comme alternative que de se rendre en Mauritanie pour y écouler le peu de produits alimentaires que leur vendent les courtiers des dirigeants du Polisario qui, par hypocrisie, préfèrent faire semblant d’ignorer ces démarches. Privés de cela, ils ont répondu au mot d’ordre du Mouvement des jeunes pour le changement (MJC), et se sont rassemblés dans un sit-in spontané et simultané dans divers camps des environs de Tindouf. Souvent malmenés par les militaires algériens chargés de surveiller les camps, ils exigent que ceux-ci les traitent en êtres humains en respectant leur dignité et celle des membres de leurs familles.
En réponse à ce mouvement de protestation qui a coïncidé avec la visite de Susana Malacorra, chef de cabinet du Secrétaire général de l’ONU, dans les camps de Tindouf, le chef du Polisario n’a rien trouvé de mieux que d’y voir une manœuvre malveillante des pro-Marocains des camps.
N’en déplaise à Mohamed Abdelaziz, au terme de sa visite, elle est repartie avec l’idée que la jeunesse sahraouie rallierait n’importe quelle organisation terroriste pour échapper au régime stalinien qui lui est imposé par l’Algérie à travers ses pions.
Dénonçant cette situation de privation et de déni des droits humains les plus élémentaires, le chef du mouvement dissident « Khatt Achahid » a lancé un appel à la communauté internationale pour extirper les populations des camps des griffes de Mohamed Abdelaziz et de ses sbires. Salek Mahjoub a également déclaré, dans une interview accordée à un média marocain, que tant que ce dernier sera là, aucune solution au problème ne peut être envisagée. Il invite donc les jeunes du MJC et ceux d’autres organisations dissidentes à poursuivre la lutte contre Abdelaziz et sa clique qu’il accuse de réprimer les populations pour servir l’agenda des généraux algériens.

Ahmadou El-Katab

22/06/2015