Un dangereux séparatiste, recherché pour meurtre à Laâyoune, en cavale entre Alger et Tindouf, a été arrêté le 10 août à Marrakech. Voici les premiers éléments de l'enquête préliminaire.

A l'aube du vendredi 10 août 2018, deux personnes en état d'ébriété se présentent aux services de police du 7e arrondissement de Marrakech. Les deux individus arrivent à bord d'une voiture Peugeot 307, conduite par l'un d'entre eux, H.B.

 

Le conducteur accuse son compagnon M.H. de violences à son encontre.

 

Devant les policiers, M.H. refuse de produire ses papiers d'identité ni de décliner celle-ci. Les policiers prennent ses empreintes digitales, consultent le fichier central et là, surprise: il s'agit d'un personnage connu, fiché, très actif à Tindouf, qui a pris part aux événements de Gdeim Izik et qui est recherché par la police judiciaire de Laâyoune.

 

M.H. est un cousin d'Aminatou Haidar. Il a été membre de l'Armée de libération et plus récemment, salarié du groupe OCP à Boucraâ. En 2010, on le retrouve à Gdeim Izik. En 2011, il est recherché pour coups et blessures ayant entraîné la mort. La victime était Bouayche Elouali Ben Mohamed, né en 1993 à Laâyoune.

 

Un avis de recherche national est lancé par la police judiciaire.

 

Selon les enquêteurs, sa cousine Aminatou Haidar lui conseille de ne pas se rendre à la police. Il quitte alors Laâyoune, se rend à Smara puis dans la région de Tifariti. Des membres de sa tribu l'accueillent et tentent de trouver un arrangement avec la tribu de la victime.

 

Il quitte ensuite Tifariti pour Tindouf où il est accueilli à bras ouverts, intégré puis promu au sein du "ministère des territoires occupés" dirigé par Bachir Mostafa Essayed.

 

Le personnage grimpe quelques échelons, on le retrouve à Alger où il accueille des sahraouis venus du Maroc et les encadre dans des visites à Tindouf. Il est actif dans l'organisation d'universités d'été ou de défilés militaires. Lors de son arrestation à Marrakech ce 10 août 2018, son téléphone recèle de nombreuses photos avec des "personnalités" connues du "polisario" telles que Mohamed Abdelaziz, Brahim Ghali, Bachir Mostafa Essayed. Il a également pris part à de nombreuses réunions, conférences, activités organisées et financées par l'Algérie, dans ce pays ou en Europe, dans l'objectif de déstabiliser le Maroc et de promouvoir les thèses séparatistes.

 

Les enquêteurs marocains ont également découvert les preuves de l'existence d'un contact régulier entre lui et différents responsables séparatistes dans les camps de Tindouf.

 

Pour une raison non élucidée, ce dangereux personnage a décidé de regagner le Maroc. Il a traversé clandestinement la frontière dans la région d'Oujda, en compagnie de 25 autres personnes. Interpellé, il fournira une fausse identité, ce qui lui a permis de ne pas être identifié. Il prend alors l'autocar Oujda-Casablanca et de la capitale économique, se rend à Marrakech où il arrive le 3 août. Il s'installe alors chez sa demi-sœur. Une semaine plus tard, ce sera la fin de sa cavale.

 

Présenté à la Justice après la fin de l'enquête préliminaire, il a été transporté à Laâyoune où la police judiciaire avait émis un avis de recherche à son encontre.

15/08/2018