Human Rights Watch a envoyé deux de ses membres, de nationalité marocaine, à Laâyoune. Curieusement, la mission n’a pas eu l’adhésion de tous les acteurs des droits humains, pro-Polisario ou unionistes, dans la capitale du Sahara occidental.

Une mission de Human Rights Watch s’est rendue au Sahara occidental du 28 au 31 août. La délégation était composée de deux ressortissants marocains : Ahmed Réda Benchemsi, directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient au sein de l’ONG, et Fairouz Youssfi, sa représentante au Maroc.

Venus s’enquérir sur la situation des droits de l’Homme dans la province, le travail des deux membres de HRW ne s’est pas déroulé dans les meilleures conditions. Mais cette fois, les obstacles ne portaient pas la signature des autorités marocaines.


 Ahmed Benchemsi, MENA communications director, Human Rights Watch with some pro Polisario members

 Ahmed Benchemsi, Directeur Human Rights Watch MENA avecdes activistes pro Polisario

Des pro-Polisario boycottent la délégation de HRW

Les «ennuis» des deux membres de Human Rights Watch ont commencé avec les journalistes d’Equipe Média, un site d’actualité pro-Polisario. Le 29 août, ils annonçaient le «boycott» d’une réunion programmée avec les deux représentants de HRW. Dans un communiqué, ils reprochent à l’ONG de ne pas avoir consulté au préalable le Polisario «le représentant légitime du peuple sahraoui» avant d’entamer la visite au Sahara alors qu’elle avait, selon leurs dires, «demandé l’autorisation des autorités marocaines». La nationalité marocaine des deux représentants a également été pointée du doigt au motif d’un potentiel manque de neutralité pour l’accomplissement de leur mission.

Toutefois, cette défection n’a pas empêché la délégation de HRW de rencontrer des acteurs associatifs qui défendent les positions du Front : l’«Association sahraouie des victimes des graves violations des droits de l’Homme», reconnue par le ministère de l’Intérieur ; et la CODESA présidée par Aminatou Haidar. Néanmoins, on apprend que cette dernière n’a pas assisté à la réunion qui a eu lieu le 29 août au domicile d’Ali Salem Tamek, numéro 2 de l’ONG.

Au terme de sa mission à Laâyoune, les deux représentants de Human Rights Watch n’ont pu prendre langue avec la section régionale du Conseil national des droits de l’Homme, pourtant un interlocuteur privilégié des délégations étrangères qui visitent le Sahara occidental. Il en est de même pour les autorités marocaines dans la province et les ONG plaidant la position officielle du royaume sur le différend régional.

04/09/2018