mohammed zidane

Mahmoud Zeidane est un jeune Sahraoui natif des camps de Tindouf. Mis à part une ou deux villes algériennes ou la ville de Zouerate en Mauritanie, il n’a connu que les camps de Tindouf. Il croyait qu’il vivait en démocratie et la liberté d’expression y existait. Partant de là,  il ouvrit un compte Facebook où il dénonçait ce qu’il considérait comme irrégularités, abus de pouvoir ou détournement de deniers publics commis par des dirigeants du Polisario. Il allait déchanter car mardi dernier, il reçut une convocation via un coup de fil du soi-disant procureur près le tribunal de cassation du Polisario. Bien que la trouvant bizarre, il se plia à la convocation. Sitôt devant le prétendu procureur, il se vit accuser de plusieurs crimes dont la diffamation de personnalités dirigeantes et d’institutions. Les accusations, lui apprit-on, se basent sur 96 plaintes déposées par 38 personnes. 

Bien qu’il n’existe aucune loi permettant au soi-disant tribunal de convoquer quelqu’un à travers un appel téléphonique au lieu de lui adresser une convocation écrite et qu’il n’y a aucun texte incriminant l’usage des réseaux sociaux pour dénoncer telle ou telle irrégularité dans la gestion des affaires publiques, Mahmoud Zeidane  se vit proposer de choisir entre plusieurs alternatives dont l’une serait de passer trois années dans les geôles du Polisario ou de signer un engagement de ne plus mettre à l’index des personnalités à travers ses écrits. N’ayant pas donné de réponse, on le menaça d’être livré aux autorités algériennes avec pour chef d’accusation l’exercice d’activités politiques illégales en territoire algérien. 

L’interpellation du jeune blogueur a soulevé une vague d’indignation et de colère à travers les réseaux sociaux au niveau des camps, dénonçant le retour à la politique d’oppression et d’obscurantisme pratiquée durant les années sombres où les dirigeants du Polisario faisaient taire les opposants en les emprisonnant ou en les exécutant.

 

24/09/2018