A gauche, Amir Moussavi, désormais ancien attaché culturel à l'ambassade d'Iran à Alger.

Occupant jusque-là le poste d'attaché culturel à l'ambassade iranienne d'Alger, nommément cité par le Maroc comme le chef d'orchestre de l'appui du pays des mollahs au front Polisario, Amir Moussavi vient de quitter ses fonctions. Un argument de plus qui conforte la version du Maroc.

 

En Algérie, les médias ont du mal à expliquer le départ d'Amir Moussavi, désormais ancien attaché culturel à l'ambassade iranienne d'Alger, celui-là même que le Maroc pointait du doigt comme étant le chef d'orchestre du soutien du pays des mollahs au Polisario, via le Hezbollah libanais. Pour certains, il s'agit d'une expulsion décidée par les autorités algériennes, Moussavi étant accusé de mener des actions de prosélytisme chiite. Pour d'autres, Moussavi quitte tout simplement ses fonctions pour aller évoluer ailleurs. La vérité est ailleurs et tout porte à croire que c'est une autre version, celle du Maroc, qui a enfin été écoutée.

 

Depuis l'éclatement de la crise diplomatique entre le Maroc et l'Iran, le Maroc n'a eu de cesse de dénoncer les agissements de Moussavi. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, l'a affirmé à maintes reprises, citant nommément ce responsable comme la personne qui dirige le soutien, le financement, l'armement et l'entraînement d'éléments du Polisario. Il a notamment servi d’agent de liaison pour une livraison d’armes par le Hezbollah au front Polisario. C'est cette même compromission qui a décidé le Maroc à rompre ses relations diplomatiques avec la république d'Iran, dont les visées sur l’Afrique du Nord, après le Moyen-Orient (Liban, Syrie, Yémen), sont désormais une réalité établie. 

 

 

"Le dossier a été minutieusement préparé, pendant des semaines, sur la base d’informations collectées et recoupées sur plusieurs mois. Il récapitule des faits avérés et précis: dates de visites de hauts cadres du Hezbollah en Algérie; dates et lieux de réunions qu’ils ont tenues avec des responsables du Polisario; liste de noms des agents engagés dans ces contacts", avait expliqué Nasser Bourita dans un entretien accordé en mai dernier à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Le tout était mené depuis l’ambassade iranienne à Alger, qui faisait la liaison entre le Hezbollah, l’Algérie et le Polisario, à travers son attaché culturel. De bon ou de mauvais gré, c’est Alger qui nourrissait, soutenait et fournissait la logistique de ces opérations. 

 

Mise à nu en mai dernier par le Maroc, Alger s'était alors contentée de convoquer l’ambassadeur marocain, pour lui exprimer «le rejet catégorique» de ces accusations. La réponse du ministère marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale ne s'était pas faite attendre. «Le Maroc comprend l’embarras de l’Algérie, son besoin d’exprimer sa solidarité avec ses alliés du Hezbollah, de l’Iran et du Polisario, et sa tentative de nier son rôle occulte dans cette action contre la sécurité nationale du Royaume», précisait un communiqué des Affaires étrangères marocaines.

 

Le départ de Moussavi a maintenant tout d'une vraie réponse de l'Algérie à la version marocaine à laquelle le voisin de l'Est apporte désormais, mais certainement sans le vouloir, du crédit.

24/09/2018