La grogne sociale dans les camps de Tindouf monte d’un cran à tel point que la protestation se manifeste, désormais, à visage découvert devant un Team-site de la MINURSO.

Des commerçants et des chercheurs d’or sahraouis des camps de Tindouf observent, depuis hier, un sit-in ouvert devant le check-point de la MINURSO à Mijek. Une localité située à l’est du mur de sécurité érigé par les Forces armées royales (FAR) et que le Polisario considère comme un «territoire libéré».

 

Une fois n’est pas coutume, c’est à visage découvert que l’un d’eux a détaillé les revendications du groupe dans une vidéo postée jeudi 18 octobre sur internet. Celles-ci ne diffèrent pas des plaintes déjà exprimées par des commerçants des camps qui se disent lésés par les récentes mesures prises par l’Algérie et la Mauritanie visant à limiter leurs activités.

 

A Mijek, le «porte-parole» du groupe a ouvertement pointé du doigt les restrictions imposées par la direction du Polisario et l’Algérie aux chercheurs d’or. Aussi a-t-il demandé une totale liberté de circulation dans tout le Sahara sans la moindre entrave et le droit de vivre dignement tant qu’ils travaillent dans la légalité.

 

La MINURSO pour distribuee les aides humanitaires à Tindouf ?

 

Sont également dénoncés dans la vidéo les détournements des aides humanitaires destinées initialement à la population des camps de Tindouf. Le «porte-parole» a ainsi exigé une intervention directe de la mission onusienne dans cette opération, et ce, afin de mettre un terme aux nombreuses irrégularités.

 

«Nous sollicitons de la MINURSO qu’elle se charge de la distribution des aides alimentaires directement à nous. Dans le cas contraire qu’ils nous laissent de travailler librement.»

 

Le groupe a par ailleurs demandé de rencontrer un haut cadre de la MINURSO. On apprend que le quartier général de la mission à Laâyoune pourrait répondre favorablement à leur requête et envoyer une délégation rencontrer les protestataires.

 

Ce mouvement de contestation à Mijek n’est pas sans rappeler la colère de 1.200 familles qui vivaient dans la localité de M’Hairiz, considérée également par le Polisario comme un «territoire libéré». En août 2015, elles avaient menacé de demander des aides alimentaires à la MINURSO en réaction au refus de la direction du Front de subvenir à leurs besoins.

 

19/10/2018