ghali bouteflika

Alors que le Polisario ne cesse de proclamer qu’il accepte des négociations «sans conditions» avec le Maroc, son patron, Brahim Ghali, affirme que ces mêmes «négociations» n’ont qu’un seul et unique but: «l’indépendance»! Éclairage.

 

Peut-on se prononcer ouvertement pour des «négociations sans conditions» avec le Maroc et affirmer en même temps que ces mêmes «négociations» n’ont qu’un seul et unique but d’aboutir à «l’indépendance»? Une incohérence que vient de mettre en évidence la toute dernière sortie du chef du Polisario, Brahim Ghali, quand il a claironné sur tous les toits, à l’occasion d’un meeting organisé dans le camp dit «Laâyoune», que les «négociations» avec le Maroc avaient pour finalité de «rechercher une formule qui aboutira, inéluctablement, à l’indépendance du peuple sahraoui»! Une illumination qui a le mérite de mettre l’homme lige d’Alger en contradiction avec la position de principe martelée à hue et à dia par son mouvement quand il proclamait solennellement accepter des «négociations sans conditions» avec le Maroc, conformément au voeu du Conseil de sécurité, du SG de l’ONU, Antonio Guterres, et de son émissaire pour le Sahara, Horst Köhler.

 

Pareille contradiction met hors-jeu le front séparatiste, qui n’est d'ailleurs qu’une marionnette entre les mains des apparatchiks algériens octogénaires, au moment où Horst Köhler s’apprête à réunir autour d’une table ronde, les 5 et 6 décembre prochain à Genève, en Suisse, les parties au conflit, y compris et surtout Alger, dont la responsabilité dans la genèse, le maintien et le blocage de toute issue du conflit n’est plus à démontrer. 

 

Une telle situation exige de l’émissaire du SG de l’ONU, Köhler, un travail de clarification préalable, car les discussions prévues en décembre à Genève ne sont pas une fin en soi, l’enjeu étant d’amener le front à la solde d’Alger de s’engager de bonne foi et sans conditions préalables en faveur d’une solution politique basée sur l’esprit de compromis, le réalisme et le pragmatisme, conformément à la résolution 2414, adoptée fin avril dernier par le Conseil de sécurité.

 

Il n’est pas besoin de rappeler que la haute instance décisive de l’ONU a été on ne peut plus clair en soulignant le bien-fondé de la proposition d’autonomie, sur la base de laquelle s’est engagé en 2007 le processus de Manhasset, à New York, avant d’être bloqué en 2012, en raison de la position contreproductive d’Alger et accessoirement du Polisario, instrument du régime voisin haineux, prônant la thèse irréaliste et irréalisable de «l’indépendance», comme l’avait bien dénoncé en 2008 l’ancien émissaire néerlandais pour le Sahara, Peter van Walsum.

 

Horst Köhler, ancien président allemand, doit emboîter le pas à Peter van Walsum et jeter cette vérité à la face d’Alger, sans laquelle toute discussion sur l’issue à donner au conflit serait un coup d’épée dans l’eau! Parlons vrai: le conflit n’est pas entre le Maroc et le Polisario, loin de là. Le front séparatiste n'est qu'un pion d'Alger pour tenter de nuire aux intérêts de son voisin de l'ouest, le Maroc, son intégrité territoriale plus spécialement. Horst Köhler et à travers lui l'ONU ont intérêt à prendre conscience et acte de cette réalité, pour avancer réellement vers une solution définitive de ce conflit plus que quarantenaire.

 

Par M'Hamed Hamrouch

 

23/10/2018