Hakim Benchammach.

Fait rare dans l’histoire politique marocaine. Un élu du conseil communal de Guelmim du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) a rejoint le Front du Polisario.

L’information, parue dans la presse sous forme de rumeurs, vient d’être confirmée par le parti du Tracteur. Dans un communiqué publié dimanche soir, le PAM précise avoir reçu une lettre urgente de son coordinateur dans la région de Guelmim-Oued Noun. Il informe la direction du parti que Saïd B., qui a rejoint le PAM en 2015 et s’était déjà présenté sous ses couleurs lors des élections communales cette année-là, aurait «participé à une activité à l’étranger dans les rangs des Pro-Polisario».

«Après avoir recherché plus d’information, il s’avère que l’intéressé a quitté le Maroc depuis des mois et n’est plus lié aux missions pour lesquelles il a été élu. De plus, il n’est plus en lien avec la dynamique organisationnelle du PAM dans la région de Guelmin-Oued Noun depuis 2015.»

Le parti du Tracteur ajoute que «compte tenu du fait que les agissements enregistrés vont à l’encontre des convictions du PAM et de ses positions inébranlables, défendant la première cause nationale, le parti a décidé d’activer la procédure d’expulsion immédiate de l’intéressé». La formation politique de Hakim Benchammach saisit également cette occasion pour «féliciter» ses élus et ses partisans dans la région de Guelmim-Oued Noun pour leur engagement et leur «vigilance» quant à la défense de la cause nationale.

Un fait rare mais pas unique

Certes, le fait qu’un élu originaire du Sahara change complètement de position et choisisse de défendre la thèse du Polisario est un fait rare. D’habitude, l’histoire retient surtout les fuites de familles sahraouies des camps de Tindouf vers le Maroc, directement ou en transitant par la Mauritanie. D’ailleurs, les exemples de Sahraouis ayant eu des postes de responsabilité au sein du Front avant de rentrer définitivement au Maroc ne manquent pas.

De plus, plusieurs Marocains originaires du Sahara participent, de façon quasi-annuelle, à l’université d’été de Boumerdès organisée par le Front Polisario et parrainée par l’Algérie. Cette année, lors de la 9e édition de ce rendez-vous, 24 partisans du Polisario venus des provinces du Sud ont atterri, les 2 et 3 août, à l’aéroport d’Alger, en provenance de Casablanca et d’Agadir.

Mais le cas le plus célèbre de Marocains ayant choisi de défendre la thèse du Front Polisario après avoir défendu la marocanité du Sahara, est sans doute celui de Mohamed Radi Ellili, ex-présentateur du journal télévisé sur la première chaîne publique Al Oula. L’année dernière, lors d’un passage sur France 24, Mohamed Radi Ellili avait critiqué la position marocaine lors d’une intervention où il avait clairement marqué un «retournement de veste».

14/11/2018