US Capitol, Washington DC

La loi de finances 2015 des Etats-Unis avait autorisé l’USAID à contribuer à des projets de développement au Sahara sous contrôle marocain. Celle de 2019, en cours d’adoption, pourrait changer la donne.

Aux Etats-Unis, la majorité démocrate à la Chambre des représentants donne déjà du souci au Maroc. Le projet du budget 2019 a exclu le Sahara des fonds d’aides destinés au royaume.

Une mesure qui tranche avec les budgets américains des quatre dernières années, largement en faveur de Rabat sur ce point. En effet dès 2015, et sous la présidence de Barack Obama et avec une majorité démocrate au Congrès, le feu vert était accordé à l’USAID pour contribuer à des projets de développement au Sahara sous autorité marocaine.

Sous la présidence Trump, et toujours avec la même majorité à la Chambre basse, la même disposition avait été reconduite en 2017 et 2018 au grand soulagement du Maroc.

Le Maroc parie sur le Sénat

«Le projet de loi que la présidence de la Chambre des représentants a proposé, le 3 janvier 2019 a été immédiatement rejeté par le Sénat et la Maison blanche. Or pour devenir loi, ce projet doit être adopté par le Sénat (à majorité républicaine)», nous confie une source autorisée.

Et de rappeler qu’il s’agit d’un texte qui «reprend les six projets de loi que le Sénat avait déjà rejetés. Les initiateurs du projet de cette année savent parfaitement que ces textes non-consensuels allaient être refusés par la Maison blanche et le Sénat».  

Visiblement confiante en l'influence des alliés du royaume à la Chambre haute, notre source affirme que «le projet de loi et les dispositions concernant le Maroc et ses provinces du sud ne seront pas approuvés. C’est pour ainsi dire un projet mort-né.»

Néanmoins, le lobby marocain aux Etats-Unis aura du pain sur la planche pour inverser la tendance. La tâche s’annonce difficile, notamment avec un Sénat où le Polisario compte ses relais à l’instar du sénateur Lindsey Graham, un Républicain très écouté par le président Donald Trump.

En octobre 2017, il avait introduit une proposition dans le budget 2018 exigeant des services du Département d’Etat de «consulter d’abord la MINURSO avant de donner son feu vert aux aides destinées au Sahara occidental». Au final, l’initiative a été retoquée malgré une forte campagne de mobilisation du lobby algérien aux Etats-Unis.

08/01/2019