Le timing choisi pour orchestrer cette rencontre entre le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mouad Bouchareb, et l’ambassadeur du royaume d'Espagne, Fernando Moran, ne laisse aucun doute sur les visées malveillantes d’Alger.

Explications: au moment où le ministère de la Maison Royale, du protocole et de la Chancellerie annonçait, hier lundi 11 février, qu'à l'invitation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, leurs Majestés le Roi Don Felipe VI et la Reine Dona Letizia, Souverains du Royaume d'Espagne, effectueront une visite officielle au Royaume du Maroc, les 13 et 14 février 2019, l’on a appris, non sans étonnement, qu’à l’autre bout de la frontière est du royaume, à Alger précisément, le président de l’APN recevait, le même jour, l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Fernando Moran.

Passons sur cette curieuse coïncidence, car la suite de cette rencontre confirmera bel et bien nos doutes. Aujourd’hui, mardi 12 février, l’organe de presse gouvernemental algérien, El Moujahid, se fend d’un article très approximatif sous cet intitulé insidieux: «M. Bouchareb reçoit l’ambassadeur espagnol: Convergence sur les questions sahraouie et palestinienne».


Citant l’APN, le porte-voix du régime algérien attribue à l’ambassadeur d’Espagne cette billevesée qui n’existerait que dans l’imagination débordante de la bêtise algérienne galonnée: «l’ambassadeur d’Espagne à Alger a réaffirmé, hier, «la convergence totale» des positions de son pays avec celles de l’Algérie concernant les questions sahraouie et palestinienne, relevant le rôle de l’Algérie dans les régions du Maghreb et du Sahel.

Vous avez bien lu: «convergence de vues totale des positions de l’Espagne avec celles de l’Algérie concernant les questions sahraouie et palestinienne»!

Connaissant la position de Madrid sur le conflit du Sahara, le propos imputé à son ambassadeur à Alger méritait évidemment une clarification. Madrid a-t-elle changé, à notre insu, sa position sur le conflit régional créé autour du Sahara? Son ambassadeur à Alger a-t-il réellement tenu le propos au sujet de cette prétendue «convergence de vues» qui lui a été attribuée, sans compter ce parallèle établi insidieusement entre la «cause sahraouie» et la«cause palestinienne, et qui a été rejeté catégoriquement par Serguei Lavrov, MAE de la Fédération de Russie, allié historique de l’Algérie, lors de sa récente visite à Rabat.

Contacté par Le360 ce mardi 12 février, le service de presse du ministère espagnol des Affaires étrangères, a démêlé le vrai du faux en apportant cette clarification catégorique. «Il s’agit d’une mauvaise interprétation des propos de notre ambassadeur sur le Sahara occidental», a-t-il précisé sur la foi d'une source diplomatique autorisée au MAE espagnol, annonçant que le MAE espagnol «va apporter, sous peu, une correction de la traduction qui n’était pas exacte».

Et d’ajouter: «la position espagnole concernant le Sahara occidental n’a pas changé. Elle est conforme aux principes des Nations unies».

Notre source espagnole a évidemment adopté un ton diplomatique en évoquant «une mauvaise interprétation» des propos de l’ambassadeur d’Espagne chez le voisin de l’est. Venant d’Alger, dont le régime est résolument hostile au Maroc, il s’agit plutôt d’une interprétation malveillante des propos du diplomate espagnol et à travers lui toute la diplomatie du voisin nord du Maroc.

L’initiative d’Alger excipe littéralement de sa mauvaise foi envers le Maroc, qui se prépare à accueillir les souverains du royaume d’Espagne, leurs Majestés le Roi Don Felipe VI et la Reine Dona Letizia, les 13 et 14 février courant. Par cette initiative malveillante, Alger veut non seulement nuire au principe sacré de l’intégrité territoriale du Maroc, mais sans doute tente-t-elle aussi, et misérablement, d’«attenter» au registre des relations historiques et excellentes entre les deux royaumes du Maroc et de l’Espagne. Pitoyable!

12/02/2019