Le fils d’Ahmed Khalil accuse les services algériens et séparatistes de l’enlèvement de son père, ancien chef de la sécurité des camps, attribuant cet enlèvement à l’enquête que ce dernier devait mener sur la mort de 160 personnes, dont des femmes et des enfants, durant le conflit avec le Maroc.

L’affaire d’Ahmed Khalil, ancien chef de la sécurité des camps de Tindouf, revient sous les feux de l’actualité. Son fils, Rachid Khalil, accuse depuis Madrid les services algériens et leurs complices séparatistes du Polisario, d’être à l'origine de l’enlèvement de son père en 2009 et de son incarcération arbitraire dans une prison militaire à Alger.

"Mon père est porté disparu depuis plus de 10 ans en Algérie et ma famille souffre parce que les autorités du polisario ne nous donnent aucune explication", a indiqué à l’agence Europa Press Rachid Khalil, établi à San Sebastián, au nord de l’Espagne.

L’omerta imposée sur la disparition d’Ahmed Khalil, nommé en 2008 conseiller aux droits de l’homme auprès de l’ancien chef du polisario, feu Mohamed Abdelaziz, est due au caractère très compromettant de cette affaire aussi bien pour Alger que pour la meute des dirigeants séparatistes terrés à Rabouni, QG du front Polisario. «Le black-out à propos de sa disparition, explique Rachid Khalil, confirme donc la complicité de la direction du Polisario dans cette affaire».

Tout indique en effet que l’ancien chef du polisario voulait à tout prix se débarrasser de l’ancien patron des services d’espionnage, devenu un véritable casse-tête pour le secrétariat national du Polisario, notamment en raison de ses divergences avec celle-ci concernant les atrocités commises durant le conflit armé avec le Maroc, entre 1980 et 1990.

L’enquête menée par Ahmed Khalil, en sa qualité de "conseiller aux droits de l’Homme", sur la disparition de 160 personnes, dont des femmes et des enfants, durant cette période sombre du conflit, a poussé l’ancien chef du polisario à lui tendre avec la complicité des services algériens un guet-apens en janvier 2009, au moment où ce dernier allait donner des conférences dans des universités à Alger, au sujet du sort cruel infligé à ces 160 personnes, dont des femmes et des enfants. Il faut préciser que ce crime contre l'humanité a été perpétré du temps où l'actuel chef du Polisario, Brahim Ghali, officiait en tant que chef de la soi-disant "armée sahraouie".

La promesse faite dernièrement par Ghali, poursuivi pour crimes de guerre par l'Audience nationale espagnole, pour élucider le sort du disparu s'avère une simple manoeuvre dilatoire. Elle est destinée plutôt à désamorcer la vague de manifestations qui s’est déchaînée durant tout le mois de février dernier dans les camps de Tindouf, pour revendiquer la vérité sur la disparition d’Ahmed Khalil.

Las, les proches du disparu décident désomais de porter leur combat devant les juridictions européennes et les Nations unies, sans compter des sit-in prévus devant les consulats d'Alger en Espagne.

19/03/2019