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Présentant fièrement le bilan d’une journée marquée par la participation de 36 pays à la réunion ministérielle africaine sur l’appui de l’Union africaine au processus onusien sur le différend du Sahara occidental, Nasser Bourita n’a pas manqué ce lundi de se prononcer sur la deuxième table ronde de Genève et même la troisième.



Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita a estimé ce lundi à Marrakech que la Conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’UA au processus onusien sur le différend du Sahara occidental a été une réussite. S’exprimant lors d’un point de presse, Nasser Bourita a indique que «la Conférence ministérielle de Marrakech est importante, de par son taux de participation». «Elle l’est également compte tenu des pays ayant répondu présent et qui sont issus des cinq sous-régions du Continent africain», ajoute-t-il.

Evaluant la réunion ministérielle qui s’est ouverte ce lundi à Marrakech avec la participation des délégations de 36 pays africains, le chef de la diplomatie a mis en avant la participation de «plus de 25 ministres en plus des ambassadeurs ayant présenté leurs pays à ce rendez-vous». Nasser Bourita n’a pas raté l’occasion de faire un premier clin d’œil à la Conférence de soutien au Front Polisario qui s’est ouverte ce lundi en Afrique du Sud.

Une réponse aux manœuvres des  adversaires

«Il y a eu également des pays disposant d’un poids en Afrique, et certains faisant partie de la SADC, comme l’Angola, la Zambie ou l’Union des Comores», a-t-il enchaîné. La conférence de Marrakech, sanctionnée par une Déclaration finale signée par les 37 pays africains, «intervient suite à certaines manœuvres visant à éloigner l’Afrique de ses positions exprimées lors du 31e Sommet de l’UA de Nouakchott», ajoute le diplomate.

Des conclusions essentielles de cette rencontre, Nasser Bourita en cite quatre, commençant par «l’unanimité quant à l’exclusivité des Nations unies sur la question du Sahara et le soutien au processus onusien mené par l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, conformément à la décision 2440 du Conseil de sécurité». Le chef de la diplomatie marocaine a aussi rappelé que les Etats présents à Marrakech ont «réitéré la décision prise à Nouakchott qui confirme que l’UA doit accompagner le processus onusien et le soutenir».

Il cite enfin «le soutien de l’UA à travers la Troïka, qui n’est pas un outil pour proposer des solutions mais plutôt un organe pour exprimer le soutien aux Nations unies» ainsi que le «refus de l’évaluation de l’Afrique quant à cette question ou le retour sur les acquis du Sommet de Nouakchott».

L’autonomie, une «solution définitive et non pas une base»

La rencontre de Marrakech n'est-elle pas une réponse à la conférence de soutien au Polisario, co-organisée par l’Afrique du Sud et la Namibie ? A cette question, le diplomate y répond à sa manière.

«Nous avons estimé que le Sommet de Nouakchott était claire. Mais avec l’annonce de la rencontre de la SADC, nous nous sommes dits que nous pouvons également mobiliser. En moins de deux semaines, nous avons réunis plus que leur nombre mis à part le fait que la moitié des pays de la SADC étaient ici à Marrakech.»

Le chef de la diplomatie marocaine a indiqué que l’étape suivante de cette rencontre serait d’informer l’Union africaine, les Nations unies et «même les pays n’ayant pas pris part à cette conférence».

Le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale a également répondu aux questions sur la deuxième table ronde tenue la semaine dernière. Il a réaffirmé que le plan d’autonomie est une «solution définitive pour le Maroc». «Ce n’est pas un début ou une base», a-t-il insisté.



«Le Maroc s’est engagé dans ce processus pour tester la volonté des autres parties. Genève I a été l’occasion de bénéficier d’une atmosphère constructive alors que Genève II a permis de démystifier certains nombres de concepts, de clarifier et souligner ce qui est dépassé et n’est plus faisable.»

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères



Nasser Bourita a indiqué que Genève III, prévue «probablement en été, après le rendez-vous d’avril», doit «aller dans le fond et vers les paramètres de la solution avec ce besoin d’identifier les éléments de convergence». «Le Maroc est à l’aise et ses initiatives lui assurent confort et position de force», conclut-il.

25/03/2019