Snubbing Pretoria’s conference to attend Morocco's one, SADC states defend their decision

Après que la question de l’unité de la SADC a été soulevée lundi lors de la conférence de Pretoria, les pays membres ayant préféré prendre part à la conférence de Marrakech se sont expliqués sur ce choix. Pour eux, la rencontre ministérielle africaine du Maroc est celle «qui aiderait l'ONU à régler le différend du Sahara occidental.

La tenue, à Marrakech, d’une conférence ministérielle africaine parallèlement à une rencontre de soutien au Front Polisario organisée en marge d’une réunion de la Communauté de développement de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) continue de faire couler beaucoup d’encre. Mardi, les membres de ce groupe régional africain ayant pris part à la Conférence marocaine ont défendu leur décision.

Selon le média sud-africain IOL, du groupe médiatique Independant Media, «sept pays de la SADC ont défendu leur décision d’opter pour une conférence ministérielle africaine parallèle tenue au Maroc afin d’appuyer le processus politique des Nations unies visant à régler le différend régional sur le Sahara occidental».

La conférence de Marrakech est celle «qui aiderait l’ONU»

Les représentants de l’Angola, du Madagascar, de la Zambie, du Malawi, de la République démocratique du Congo (RDC), de la Tanzanie, de l’Union des Comores et d’Eswatini (Swaziland) ont pris part, lundi à Marrakech, à la Conférence ministérielle africaine ayant réuni 37 pays du continent, dont le Maroc. «Représentés par leurs principaux ministres, ces pays ont insisté sur le fait qu’ils suivaient une résolution adoptée par l’Union africaine en Mauritanie l'année dernière et ne boudaient pas la Conférence de Pretoria, qui s'est également tenue lundi», poursuit le média sud-africain.

En effet, l’Union des Comores, la Tanzanie, la Zambie, Madagascar et Eswatini, pourtant membres de la SADC, n’ont dépêché aucun représentant à la Conférence co-organisée par l’Afrique du Sud et la Namibie.

Le ministre des Travaux publics et chef de la délégation d’Eswatini qui s’était rendue lundi au Maroc, Christian Ntshangase a déclaré que la présence de membres de la SADC à la conférence marocaine «était conforme au cadre de l’ONU pour le règlement de la question du Sahara occidental».

«Nous sommes conscients qu’il y avait une autre réunion à Pretoria, mais nous pensons que celle de Marrakech est la conférence qui aiderait l’ONU à trouver une solution durable et pacifique à cette région.»

L’unité de la SADC remise en question

Ces explications interviennent alors que la question de «l’unité de la SADC» a été soulevée lundi, après que les participants à la conférence sud-africaine s’étaient rendus compte de l’absence de délégations de cinq membres de la SADC, au moment où d’autres étaient présents dans les deux rencontres. «La SADC est-elle unie?», s’est interrogé le président namibien Hage Geingob en ouverture de la conférence sud-africaine. «Nos aspirations en tant que continent ne pourront être réalisées sans la liberté de tous les peuples de l’Afrique», a-t-il fustigé.

Aux côtés des pays membres de la SADC qui ont dû expliquer leur présence au Maroc, le Nigéria a également justifié la présence du secrétaire permanent de son ministère des Affaires étrangères au Maroc lundi. «Nous insistons pour qu'il n'y ait pas de processus parallèle», a-t-il déclaré. Pour lui, «la question du Sahara occidental traîne depuis trop longtemps et l'Afrique doit maintenant parler d'une seule voix».

Pour rappel, 37 pays de l’Union africaine, représentant plus des deux tiers de l’UA, ont adopté lundi à Marrakech une déclaration commune où ils insistent sur l’exclusivité de l’ONU dans le règlement du dossier du Sahara occidental et soutiennent le processus onusien et la décision prise en juillet 2018 lors du 31e Sommet de l’UA tenu à Nouakchott.

30/03/2019