Le Polisario et l’Algérie viennent de recevoir un coup dur de la part du secrétaire général de l’ONU. Ce dernier a décidé d’installer un système électronique onusien pour surveiller les détournements par les séparatistes des aides humanitaires destinées aux séquestrés de Tindouf.

 

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a décidé d’organiser un stage au profit des éléments de la Minurso pour contrôler les opérations d’aides alimentaires dans les camps de Tindouf. Cette décision constitue une première dans la lutte contre les détournements par le Polisario des aides alimentaires destinées aux séquestrés sahraouis sur le territoire algérien. L’ONU a opté pour un système électronique visant à surveiller les parties chargées de réceptionner et de stocker ces denrées alimentaires. Selon certaines sources, le chef de la Minurso au Sahara, Colin Stewart, et le commandant de la force militaire, Zia Ur Rehman, ont supervisé la semaine dernière le stage destiné à cette opération de contrôle. 

 

Auparavant, une équipe du bureau de la technologie d’information et de communication, dirigée par Abd Al Miraage, a dispensé des stages de formation aux fonctionnaires et aux civils chargés de superviser les opérations de distribution de ces aides humanitaires. Des stages qui leur ont permis d’utiliser le système RMS dans l’objectif de mettre fin aux détournements des produits alimentaires destinés aux séquestrés de Tindouf. Plusieurs rapports internationaux ont en effet révélé que ces denrées alimentaires étaient vendues dans des marchés en Mauritanie et en Algérie.

 

Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mercredi 10 juillet, que, parallèlement à cette décision, Antonio Guterres a envoyé des signaux allant à l’encontre de la position des membres du conseil de sécurité, opposés à la prolongation de la Minurso sur une périodicité annuelle. Le SG de l’ONU ne s’est pas, en effet, conformé au délai de six mois adopté par le Conseil de sécurité pour déterminer les missions de la Minurso au Sahara. 

 

Bien au contraire, il n’a pas hésité à élaborer un budget annuel pour cette mission onusienne, alors que l’Assemblée générale des Nations Unies a, sur proposition du secrétariat général, adopté 22 projets de résolution relatifs aux budgets réservés aux missions de maintien de la paix, pour un montant total de 6,5 milliards de dollars durant la période 2019/2020. Bien plus, l’ONU a augmenté le budget annuel réservé à la Minurso de 10% par rapport à celui de l’année dernière, et ce malgré les pressions américaines menaçant de mettre fin à cette mission.

 

 

L’Assemblée générale des Nations Unies a alloué une aide financière de 60,45 millions de dollars pour le fonctionnement de la Minurso durant la période allant de juillet 2019 à juin 2020. Ce budget couvre les salaires de 800 observateurs militaires, 27 éléments appartenant à des unités spéciales, 12 policiers relevant de l’ONU, ainsi que 163 fonctionnaires locaux. Le SG de l’ONU avait, dans un rapport précédent, affirmé que la MInurso continuerait d'assumer sa mission dans le but de trouver une solution à ce conflit, d’appliquer la résolution onusienne et de veiller au respect du cessez-le-feu entre les deux parties. 

 

Et Antonio Guterres d’ajouter qu’il attend de la mission une enquête sur toutes les violations du cessez-le-feu, dont chacune des deux parties accuse l’autre. Le SG insiste sur la nécessité de pratiquer une surveillance aérienne et maritime de toute la région, tout en se concentrant sur les zones prioritaires, notamment celles situées près du mur de sécurité.

10/07/2019