Immobilisés pendant plus de dix jours dans la zone d’El Guergarate par des éléments pro-Polisario, des dizaines de camionneurs protestent sur place. Ils risquent des pertes chiffrées en dizaines de millions de dirhams.

 

Les séparatistes du Polisario tentent de nouveau d’imposer un «no pasaran» au niveau de la zone d’El Guergarate. Plusieurs camions chargés de marchandises ont ainsi été attaqués pat des éléments pro-Polisario portant des cagoules et armés de sabres qui les ont immobilisés sur place, les empêchant de se rendre en Mauritanie.

 

Ce blocus improvisé a occasionné des dégâts matériels qui se comptent en dizaines de millions de dirhams, rapporte le quotidien Assabah dans sa livraison du week-end des 20 et 21 juillet. Les camionneurs ne se sont pas laissés faire, poursuit le quotidien, puisque plusieurs dizaines d'entre eux se sont révoltés. Une confrontation a eu lieu jeudi dernier entre les deux parties, souligne le journal. Citant des sources sur place, Assabah affirme que les victimes de ces attaques qui transportent des denrées alimentaires et autres produits périssables destinés au marché mauritanien, ne pouvaient plus continuer à subir cette situation, qui dure déjà depuis une dizaine de jours et qui risque de leur occasionner d’importantes pertes. Ils ont décidé de protester et de faire face aux assaillants dans ce no man's land qui sépare le Maroc de la Mauritanie.

 

 

D’après les mêmes sources, citées par le quotidien, ces éléments armés agissent pour le compte de trafiquants appartenant au Polisario qui sévissent dans cette zone. Cela d’autant que parmi les assaillants, les camionneurs ont pu reconnaître des individus qui s’activent dans le trafic de contrebande des produits alimentaires et même de drogue dans cette zone. Leur technique d’attaque consiste en la répartition des membres en deux groupes. Au moment où le premier attaque les camionneurs et les menacent avec des sabres, le deuxième groupe entreprend de barrer la route avec des pierres. Ils procèdent ensuite au racket des camionneurs.

 

 

Cela étant, relève le quotidien, les confrontations de jeudi dernier auraient pu virer au bain de sang si les camionneurs n'avaient pas fait preuve de calme. Ils se sont contentés de mettre leur gilet jaune et d’organiser un sit-in sur place appelant les autorités à intervenir pour mettre fin à cette situation. Cela d’autant que les assaillants qui vivaient auparavant dans les provinces sahariennes ont décidé de couper les pont avec leur pays, détruisant leurs pièces d’identité et titres de voyage, et menaçant aujourd’hui de faire de cette zone une plateforme de trafic d’armes. 

 

 

Par ailleurs, relève le quotidien, d’autres personnes, également au visage couvert, sont apparues dans les campements dressés par le Polisario dans la zone tampon, au-delà du dispositif de sécurité, en attendant le transfert des familles des habitants des camps de Tindouf dans ces zones. 

 

 

19/07/2019