Ramaphosa and Ghali

Les violences xénophobes qui déchirent l’Afrique du Sud font voler en éclats le rêve de la "Nation arc-en-ciel" ressassé par ses très bavards dirigeants, qui ne peuvent plus continuer de taquiner le Maroc sur les «violations» commises à l’encontre du «peuple sahraoui» sans se couvrir de ridicule.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Ce dicton s’applique parfaitement aux dirigeants sud-africains, à leur tête le président et chef de l’indéboulonnable parti au pouvoir, l’ANC, le très populiste Cyril Ramaphosa, dont le pays est aujourd’hui confronté à des violences xénophobes inédites.

Ironie du sort, ce sont des ressortissants africains, notamment des Nigérians et des Malgaches, dont une dizaine ont été brûlés et lapidés, qui ont payé de leur vie leur fausse illusion d’avoir cru un jour à la "Nation arc-en-ciel", celle-là même que feu Nelson Mandela incarnait du haut de son humanisme mais que ses successeurs ont fini par laminer et découper en lambeaux, à la faveur d’une crise qui refuse encore de dire son nom.

Cette crise larvée devait naturellement amener les dirigeants sud-africains actuels à s’administrer un exercice d’autocritique et un travail de lucidité salutaire, en s’arrêtant sur les maux qui affectent avant et après tout leur pays, en proie à une crise économique dévastatrice, avec un taux de chômage de 29%, et une population de plus en plus pauvre.

Or, ces dirigeants sud-africains restés incroyablement fidèles à leur fibre populiste et prisonniers d’un discours tiers-mondiste fossilisé et en déphasage avec les nouvelles réalités géopolitiques, ont préféré regarder ailleurs.

Vous avez bien lu: ces dirigeants sud-africains ont préféré regarder ailleurs. Souvenez-vous: pas plus que fin mars dernier, ces mêmes dirigeants ruaient dans les brancards pour organiser, à Pretoria, une conférence pro-«rads», dont l’enjeu déclaré était le soutien au prétendu «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination» et celui, caché, de taquiner le Maroc sur le principe sacré de sa souveraineté sur ses provinces sahariennes, poussant leur cynisme éhonté jusqu’à traiter le royaume de «pays d’occupation» et le Sahara marocain de «dernière colonie en Afrique» !

L’on vous fait grâce des tombereaux de quolibets assénés par lesdits dirigeants sud-africains à l’encontre d’un pays qui a pourtant beaucoup aidé l’Afrique du Sud dans sa lutte contre l’Apartheid, sur le plan aussi bien diplomatique, financier, que militaire. Et ce n’est surtout pas cette visite historique effectuée dans les années soixante par feu Nelson Mandela, où il a reçu toute forme d’aides de la part du Maroc, qui dira le contraire.

Malgré ce soutien marocain substantiel, les dirigeants sud-africains, notamment Thabo Mbeki, Jacob Zuma et actuellement Cyril Ramaphosa, ont fait preuve d’ingratitude et entrepris, au mépris de la communauté d'histoire et d'avenir, de soutenir l’entité chimérique nommée «rasd».

Ces mêmes dirigeants sont aujourd'hui rattrapés par leurs propres contradictions et doivent désormais tourner sept fois leur langue  avant de s'en prendre à nouveau au Maroc.

Dit autrement, c'est l'hôpital qui se moque de la charité.
 

13/09/2019