Amar Saâdani, Secrétaire général du FLN.

L’ex très haut responsable politique algérien, Amar Sâadani, vient de réitérer sa position constante, en réaffirmant que le Sahara est, et a toujours été, marocain. Assommées par ce coup massue, les rares voix de la diplomatie algérienne cafouillent, alors que les cadors du Polisario paniquent.

A deux reprises, et en l’espace de quatre jours, Amar Saâdani a réitéré à deux médias algériens (TSA puis Algérie1) sa conviction profonde, celle qu’il a toujours affirmée tout haut, à savoir que le «Sahara est marocain et rien d’autre». Mais cette fois-ci, il est allé beaucoup plus au fond de sa pensée pour affirmer que plusieurs régions algériennes vivent dans la misère et la privation, alors que les milliards du peuple algérien sont gracieusement distribués aux dirigeants du Polisario pour se pavaner dans des stations balnéaires de luxe.

«L’argent versé au Polisario, avec lequel ses membres se baladent depuis cinquante ans dans les hôtels de luxe, doit revenir à Souk Ahrass, El Bayadh, Tamanrasset et d’autres villes encore», a-t-il assené. Des propos qui auront certainement un effet dévastateur sur une opinion publique algérienne, actuellement tout en bouillonnement, et qui sont tellement crus et véridiques qu’ils ont laissé cois les officiels et médias algériens.


En effet, au niveau officiel, il a fallu attendre plus de 72 heures après la publication de l’interview accordée par Amar Saâdani au site TSA (Tout sur l’Algérie) pour que la première réaction du gouvernement algérien tombe. Timidement d’ailleurs, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassan Rabhi, a répondu aux médias qu’Amar Sâadani a «exprimé des idées personnelles qui n’engagent que lui», avant d’ajouter que la position de l’Algérie sur le Sahara est en ligne droite avec celle de l’ONU.


Mais comme cette sortie n’a pas visiblement calmé les inquiétudes de la direction du Polisario, le nouvel ambassadeur de l’Algérie auprès de l’ONU, le marocophobe et pugiliste Sofiane Mimouni, est sorti des bois pour livrer sa soupe à l’agence de presse algérienne (APS). «Décolonisation inachevée», «autodétermination du peuple du Sahara occidental», «l'Algérie observateur officiel au processus de paix»… est la logorrhée anti-marocaine habituelle que cet ambassadeur, plus enclin à s’exprimer par des coups de poing que par des idées, a utilisée pour, croit-il, venir au secours d’un Polisario plus que jamais aux abois.



D’ailleurs, paniqués par les propos d’Amar Sâadane, les dirigeants séparatistes ont rapidement tenté d’activer leurs réseaux pour sauver ce qui peut encore l’être. Là aussi le résultat fut catastrophique, puisque les réactions se sont limitées à quelques insultes puériles lancées par les médias du Polisario contre Sâadani, pour s’être ingéré dans un «dossier sensible», en prenant fait et cause pour le Maroc, écrivent ces médias.

Pire, à lire un communiqué attribué à la prétendue «Commission algérienne de solidarité avec le peuple sahraoui», on comprend immédiatement qu’il a été rédigé par la direction du polisario à Rabouni. Jugez-en : «Nous sommes en face du retour d’un aliéné mental, qui nous a habitués à une haine épidermique vis-à-vis des Sahraouis. Il fut d’ailleurs le seul président de l’Assemblée nationale algérienne à avoir refusé, en 2015, de recevoir son homologue sahraoui, et le seul président du FLN à oser soutenir ouvertement le Makhzen…». Et ce communiqué de conclure que Sâadani n’est rien d’autre qu’un «espion au service du Maroc».

Mais ce qui panique en réalité le Polisario, c’est surtout la proximité d’Amar Sâadani avec l’institution militaire algérienne et son puissant chef, le général Gaid Salah. La bande à Brahim Ghali craint en effet, que Sâadani ait non seulement «jeté un pavé dans la mare», mais lâché, peut-être, un ballon d’essai commandité par l’actuel homme fort de l’Algérie. Ce pavé pèse d’autant plus lourd que Sâadani a été à la tête du FLN, le très puissant parti politique cité à deux reprises dans la Constitution algérienne et qu’il a occupé le poste de président de la chambre basse du parlement algérien. Ce qui en fait un homme d’Etat comme il en existe peu en Algérie.

22/10/2019