Le président cubain Miguel Díaz-Canel Bermúdez.

Intervenant le 25 octobre 2019, à Bakou, en Azerbaïdjan, à l’occasion du XVIIIè Sommet du Mouvement des pays non alignés, le président cubain, Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, n’a pas exprimé le soutien «historique» de la république insulaire à la chimérique «rasd». Décryptage.

La république de Cuba a-t-elle, finalement, tourné le dos à la «république sahraouie»? Précisons en passant que, sur cette question, rien n’est encore officiel. À part que, dans le discours prononcé par le président de la république insulaire, Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, le 25 octobre 2019, à Bakou, en Azerbaïdjan, qui abritait le XVIIIè Sommet des pays non Alignés, aucune trace du soutien que les dirigeants cubains avaient toutefois coutume de marquer, depuis les années 80, à l’adresse de «la rasd», n’a été retrouvée! 

 

Dans son discours, reproduit in extenso sur le site officiel de la présidence cubaine, Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez a fait un tour d’horizon sur les principaux foyers de tension de par le monde, allant du Moyen-Orient à l’Amérique Latine, en passant par l’Asie et, surtout, surtout, l’Afrique, "qui continue d’être déchirée par les guerres".

 

«Décisions unilatérales des États-Unis contre la république islamique d’Iran». «Guerre contre le peuple syrien». «Solution politique juste au conflit israélo-palestinien». «Dialogue inter-coréen». «Campagne américaine contre les leaders latino-américains», y compris le dictateur vénézuélien Nicolas Maduro. Et, au bout de la chaîne des préoccupations exprimées par le président Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, ce blocus d'une cruauté sans failles que les États-Unis continuent d'imposer à la république de Cuba.

 

En revanche, pas l’ombre d’une mention de la fameuse «république sahraouie» dans le discours du président cubain, qui a superbement ignoré l’entité séparatiste, contrairement à ses prédécesseurs, Fidel et Raul Castro compris, pourtant réputés être des chantres historiques du «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination».

 

Cette impasse faite par l’actuel chef d’État cubain sur «la question sahraouie» peut-elle amener à penser que la position de la Havane a changé?

 

Une chose reste sûre: les vents, en Amérique Latine, sont bel et bien en train de tourner à l’avantage du Maroc, sur le dossier de son intégrité territoriale. Par ricochet, le soutien que les pays latino-américains n’ont eu de cesse de manifester à «la rasd» est en train de s’effilocher, comme en témoigne la cascade de désaveux infligés dernièrement par les républiques du Pérou, du Salvador, du Brésil, du Chili, du Panama, entre autres pays latino-américains où s'opère une remarquable prise de conscience du conflit créé autour du Sahara occidental marocain, et des  nouvelles réalités géopolitiques en général.

 

S’agissant de la république de Cuba, il faut rappeler que les relations entre Rabat et La Havane ont été rétablies le 21 avril 2017. Il faut rappeler aussi que La Havane a depuis août 2018, un ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire au Maroc, en la personne de Elio Eduardo Rodríguez Perdomo. Faut-il rappeler aussit et surtout que le rétablissement de l'axe Rabat-La Havane est redevable à la visite privée effectuée par le Roi Mohammed VI, en avril 2017, dans ce pays insulaire? 

 

 

Ces signes avant-coureurs ainsi réunis plaident pour ce changement de cap cubain tant espéré. Le nouveau maître de la Havane, devenu président à peine en 2019, va-t-il franchir le pas et désavouer une fois pour toutes la "république sahraouie" fantoche? 

28/10/2019