La MINURSO inquiète de l’insécurité dans les camps de Tindouf

La MINURSO a pris très au sérieux les informations faisant état de risques d’insécurité dans les camps de Tindouf, au point d’envoyer un général aborder la question avec le Polisario.

 

Dès le lancement de l’alerte donnée par le ministère espagnol des Affaires étrangères à ses ressortissants d’éviter de se rendre dans les camps de Tindouf, la direction du Polisario a crié au complot fomenté par le Maroc. Une semaine après, la voilà qui change son fusil d’épaule et fini par accepter d'examiner avec la MINURSO les risques imminents d’attentats terroristes et d’enlèvement d’étrangers dans les camps.

 

«Les menaces étaient en effet au cœur d’une réunion tenue mardi 3 décembre au camp Rabouni, entre un général de la MINURSO, chargé des questions sécuritaires, et de hauts gradés du Front», nous confie un expert ayant requis l’anonymat.

 

«Le militaire a transmis à ses interlocuteurs les préoccupations des Nations unies sur de possibles infiltrations de jihadistes opérant au Mali, et fuyant les frappes de l’armée française dans la région vers les camps de Tindouf.»

 

Collusion entre membres du Polisario et chefs de groupes jihadistes au Sahel ?

 

Des médias dans les camps ont d’ailleurs évoqué l'enrôlement de jeunes sahraouis dans les rangs de groupes terroristes. En témoigne le reportage réalisé en septembre 2017 par le site Futuro Sahara. La connexion entre le mouvement de Brahim Ghali et les mouvements jihadistes n’est donc plus seulement pointée du doigt par les autorités marocaines. 

 

A cela s’ajoute la récompense de 5 millions de dollars annoncée, le vendredi 4 octobre dernier, par le Département d’Etat américain en échange d’informations permettant d'identifier ou de localiser Adnan Abou Walid al-Sahraoui, un ancien membre du Polisario, devenu chef de l’Organisation Etat islamique dans le Grand Sahara.

 

La rencontre du mardi 3 décembre a servi, par ailleurs, au représentant de la MINURSO d’aborder la présence d’éléments armés du Front dans les zones tampons et la situation à El Guerguarat. Il a également annoncé l’installation d’un nouveau poste d’observation militaire de la mission à l’Est du mur de sécurité. Lors de ladite rencontre, le général de la mission onusienne a également soulevé la question du lieu choisi par le Polisario pour organiser son 15e congrès, prévu du 19 au 23 décembre à Tifariti, à l’est du mur des sables.

 

Les services français à l’origine de l’alerte

 

Le 28 novembre, la ministre espagnole de la Défense, Mme Margarita Robles a affirmé dans des déclarations à la presse que «des services de renseignement étrangers opérant dans la région ont confirmé la menace». Selon nos informations, ce sont les renseignements français qui sont à l’origine de l’alerte lancée par Madrid.

 

03/12/2019