Risques terroristes à Tindouf: la Minurso demande à l’ONU d’enquêter

 Après la mise en garde algérienne contre les risques terroristes et d’enlèvements d’étrangers dans les camps du Polisario, la Minurso monte au créneau. Elle exige de prendre ces menaces au sérieux, et d'ouvrir une enquête onusienne sur les "contradictions" des officiels algériens.

Le chef de la Mission des Nations Unies au Sahara (Minurso), le Canadien Colin Stewart, a demandé à l’ONU l’ouverture d’une enquête sérieuse et globale sur le contenu des déclarations faites récemment par le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Chérif. Ce dernier, également chef du protocole dans le même département, a créé le trouble sur l’origine d’une missive adressée à l’ONU début décembre, mettant en garde contre «les graves menaces d’enlèvements d’étrangers dans les camps de Tindouf et dans la zone tampon située à l’Est du mur marocain de défense», rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia du mercredi 11 décembre.

Cette exigence d’enquête de la part du chef de la Minurso intervient après que le diplomate algérien a nié que son département était l’auteur de la missive adressée à la Minurso, avant d’ajouter que c’est le Wali de Tindouf qui serait derrière cette correspondance. Benali n’a donc pas renié le contenu de la missive, mais laissé entendre qu’elle pourrait être parvenue à son département depuis la wilaya de Tindouf.

Face à cette impossibilité d’identifier l’expéditeur exact de la missive «rouge» adressée à l’ONU, le représentant de la Minurso à Tindouf, Youssef Jidiane, a saisi le secrétaire de l’ONU, Antonio Guterres, et la direction de la Minurso pour clarifier ce qui semble être une «contradiction» entre l’administration centrale algérienne et ses démembrements territoriaux.

Pourtant, ajoute Al Ahdath, même si la responsabilité est imputée au wali de Tindouf, c’est bel et bien le directeur des affaires protocolaires du MAE algérien, Rachid Bousmaha, qui a envoyé ladite missive à la Minurso, l’avertissant d’une vague imminente d’enlèvements de touristes étrangers dans les camps de Tindouf, à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Au-delà de ce débat de cochers algériens, ce que la Minurso cherche désormais à mettre à nu à travers l'enquête onusienne, c’est la contradiction flagrante des officiels algériens qui reconnaissent tout bas que leurs protégés du Polisario sont de potentiels terroristes, avant d’affirmer tout haut qu’ils n’ont jamais dit cela.

11/12/2019