Algérie : Tindouf enregistre le taux de vote le plus élevé de l’élection présidentielle

Boudée par une grande partie de la population algérienne, l’élection présidentielle tenue hier en Algérie a enregistré le taux de vote le plus important dans la région de Tindouf.

Avec un taux de participation global de 39,93% sur tout le pays et au sein de la diaspora, ce scrutin aura été boycotté par la majorité des citoyens, qui ont toutefois été nombreux (plus de 64%) à se rendre aux urnes, dans cette province du sud qui abrite les camps du Polisario et où la majeure partie de la population est de nationalité algérienne.
Selon les résultats de «l’élection présidentielle", dévoilés par la très officielle Agence de presse algérienne (APS), le taux de participation le plus élevé aura été enregistré à Tindouf (57,29%). Un record (national) dont voici la seule et «inique» raison!

Le résultat livré par la très officielle APS est d’une troublante évidence. Pas moins de 57,29% des habitants de Tindouf ont participé à «l’élection présidentielle» algérienne, -"la plus transparente" de l’histoire de l’Algérie post-Indépendance, selon les termes du préposé au contrôle (indépendant) de cette "élection sans électeurs", Mohamed Chorfi, ex-ministre de la Justice sous l'ex-raïss  Abdelaziz Bouteflika!

De toutes les 48 wilayas algériennes, celle de Tindouf aura donc battu, -et la vérité (hurlante) sort du fil youyoutant de l'APS-, le record de participation à cette «élection» à la coloration vert-kaki.

Alors, honni soit qui mal y pense! Le chiffre livré par notre consœur APS, ne prête assurément à aucune suspicion. On ne la remerciera donc jamais assez d’avoir été, sur ce coup -là, très précise, très honnête, et très transparente.

Maintenant, il va falloir trouver une explication à la participation record de la population de Tindouf à cette «élection sans électeurs», hormis le «peuple» des hommes en uniforme, militaires, gendarmes, policiers, agents municipaux, entre autres agents à la solde de la dictature militaire et du Général retors, Ahmed Gaïd Salah, en particulier.

Est-il besoin d’identifier pour vous ceux qui sont accourus aux «urnes» pour élire Abdelmajid Tebboune, ami de longue date du chef d’état-major de l’armée algérienne? Ce n’est un secret pour personne que la population des camps de Lahmada-Tindouf, -22.000 «réfugiés»!-, avaient (toujours) été utilisés par le régime-voyou comme une carte électorale, à la fois pour booster le taux de participation historiquement bas et cautionner son ou ses candidats à la présidentielle, qui n’ont jamais réellement gouverné en Algérie, tellement ils sont à la botte des hommes en uniforme.

Simplement, le recours aux "réfugiés sahraouis" s’est avéré cette fois on ne peut plus salutaire pour le régime-vautour qui veut s’assurer «une survie» face aux cris de révolte de la rue algérienne, investie depuis maintenant huit mois (22 février 2019), par 48 millions d’Algériens, pour revendiquer l’instauration d’un État réellement civil, démocratique et populaire.

Face au boycott de ce simulacre d’élection, le régime vert-kaki n’a pas manqué de ressorts pour faire avaler sa couleuvre, une de plus, mais de trop. Amener aux «urnes» les «réfugiés sahraouis» de Lahmada-Tindouf pour voter à la place du peuple algérien, cela dénote une double humiliation: à la fois envers des «réfugiés sahraouis» eux-mêmes, victimes de la plus longue et la plus cruelle prise en otage (44 ans déjà), et envers le peuple algérien, qui se voit une nouvelle fois confisquer sa voix, malgré la promesse de changement aujourd’hui assassinée par une Mafia de Généraux férocement prédateurs et liberticides.

Pauvre Algérie…

Selon les estimations de l’Autorité nationale indépendante des élections, relayées par l’agence de presse APS, ce sont globalement les provinces du Sud qui ont connu les taux de participation les plus importants, dépassant les 50%. De Béjaïa à Tizi Ouzou, la Kabylie aura quant à elle enregistré le taux de vote le plus bas, puisque les chiffres y dépassent à peine les 0% et n’atteignent pas encore les 1%.

Par ailleurs, l’Autorité nationale indépendante des élections indique que le taux de participation de la communauté algérienne vivant à l’étranger a totalisé à peine les 8,69%. Ainsi, il n’a été que de 17,96% à Abou Dabi, 18,65% à Tunis, 5,2% à Berlin, 4,49% à Paris, 13,44% à Lyon, 11,33% à Lille et 11,09% à Marseille.

Les résultats définitifs de cette élection seront rendus publics à partir du 16 décembre.

15/12/2019