Abou Al-Walid Al-Sahraoui, chef d'une branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique

Un rapport d'enquête élaboré et soumis par un groupe d’experts onusiens au Conseil de sécurité, met en lumière le rôle central d’Alger et du polisario dans l’activité terroriste affectant la région sahélo-saharienne, notamment le nord du Mali. Décryptage.

Voici la preuve qui fera immanquablement changer d’avis ceux qui doutent encore de l’implication algéro-polisarienne dans l’activité terroriste affectant la région sahélo-saharienne. Précision préliminaire mais ô combien nécessaire: il ne s’agit pas ici d’un rapport (académique) élaboré par un quelconque think tank, ni d’une note émanant d'un quelconque service de renseignement. La preuve dont il retourne ici émane, -précisons-le encore une fois-, d’un Groupe d’experts onusien créé en application de la Résolution 2374 (2017) du Conseil de sécurité sur le Mali.

Document onusien établissant l'affiliation de polisariens au groupe "État islamique dans le Grand Sahara" (pro-Daech), dirigé par Adnane Abou Walid al-Sahraoui, ex-soldat de la soi-disant "armée populaire de libération sahraouie" (APLS).

Document onusien établissant l'affiliation de polisariens au groupe "État islamique dans le Grand Sahara" (pro-Daech), dirigé par Adnane Abou Walid al-Sahraoui, ex-soldat de la soi-disant "armée populaire de libération sahraouie" (APLS).

 

Le rapport d’enquête présenté à l’instance décisive de l’ONU, en date du 8 août 2018, et dont le360 détient copie, offre des clefs ô combien précieuses pour mieux comprendre la situation dans la région sahélo-saharienne, et en savoir un peu plus sur les artisans du chaos qui continue d’affecter douloureusement cette région extrêmement sensible, particulièrement le rôle effroyablement sanguinaire des tristement célèbres "Ansar Eddine", produit pur jus du renseignement algérien, et son pendant polisaro-daechien, connu sous les signes «EIGS» (État islamique dans le Grand Sahara», dirigé par l'ex-élément de la soi-disant "armée populaire de libération sahraouie" (APLS, polisario), Adnane Abou Walid al-Sahraoui.


Question de géolocalisation, le rapport de l'ONU, signé du nom de son rapporteur Ruben de Koning, situe la présence des Ansar Eddine et de l’ «État islamique dans le Grand Sahara» (EIGS) dans la commune rurale de Talataye (région de Gao, nord du Mali). Première révélation, et pas des moindres: le maire de cette commune, un Daoussak nommé Salah Ag Ahmed, est proche d’Iyad Ag Ghali, qui n’est autre que le chef du groupe de sanglante réputation Ansar Eddine, soutenu par le DRS (Département du renseignement et de la sécurité, DRS, renseignement militaire algérien dissous en 2016 par l'ex-président algérien, Abdelaziz Bouteflika et dont l'ex-patron, le général "Tewfik", croupit depuis mai 2019 à la prison militaire de Blida).

L’émir des Ansar Eddine, qui étaient à deux doigts de prendre la capitale malienne Bamako en 2013, avec le soutien mutliforme des services algériens, s’était signalé il y a longtemps à notre attention pour ses «rencontres» avec l’ex-chef du polisario, Mohamed Abdelaziz (mort en 2015 aux États-Unis), dans la région du Hougar (extrême sud algérien).

«Le maire de Talataye (région de Gao), un Daoussak nommé Salah Ag Ahmed, a été décrit par plusieurs sources indépendantes comme un membre influent du HCUA (Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad: NDLR), proche d’Iyad Ag Ghali, inscrit sur la liste relative aux sanctions contre l’EIIL (Daech) et Al-Qaida, et comme un officier de liaison avec Ansar Eddine et l’EIGS», dévoile en effet le groupe d’experts onusiens.

Vous avez ainsi bien lu: le maire de Talataye, est décrit comme «un officier de liaison avec Ansar Eddine et l’EIGS».

Le lien entre les Ansar Eddine, parrainés par les services algériens, et l’ «État islamique au Grand Sahara» (EIGS), dirigé par le polisarien Adnan Abou-Walid al-Sahraoui, est ainsi clairement établi par les experts onusiens. «La branche de l’EIGS à Talataye comprendrait des Arabes du Tilemsi, des Peuls et quelques Sahraouis (25: Ndlr), dont le frère de Lehbib Ould Ali Ould Saïd Ould Joumani, connu sous le nom d’Adnan Abu Walid Al Sahrawi», dont la tête a été mise à prix récemment par le Département d’État américain.

«Des rapports confidentiels indiquent également que les 17 et 18 novembre 2017, Salah Ag Ahmed aurait rencontré Abdallah Ag Albakaye, haut commandant d'Ansar Eddine basé dans le cercle de Tessalit, chargé d’assurer la liaison et la coordination
entre le JNIM (Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans, organisation militaire et terroriste, d'obédience salafiste et jihadiste): NDLR) et l’EIGS", relèvent encore les experts de l'ONU.

Et d'ajouter: "Les mêmes rapports indiquent que les prêches prononcés à la mosquée de Talataye véhiculent une vision très rigoriste de l’Islam, influençant les comportements sociaux de toute la commune, comme ont pu le constater les forces internationales».

Une vision sanguinaire qui vient nous édifier davantage sur le jeu de massacre auquel Alger et le Polisario continuent de se livrer impunément dans la région sahélo-saharienne. Et ce n'est désormais surtout pas l'ONU qui dira le contraire.

03/02/2020