L’intergroupe «Sahara occidental» au Parlement européen : un leurre médiatique et un dol politique

Si en droit civil le dol est une manœuvre utilisée de mauvaise foi pour tromper autrui, les Algériens l’ont adopté comme "tactique" visant à faire croire à des victoires diplomatiques imaginaires dans ce qu’ils appellent le dossier du « Sahara occidental ».

La dernière combine en date est cette supercherie appelée «intergroupe Sahara occidental» au sein du Parlement européen, dont la création est vantée ces jours-ci par l’agence de presse algérienne et ses pendants polisariens comme un exploit.

 

Mais revenons d’abord sur les faits.

 

Jeudi 13 février, dans la petite salle des réunions "LOW 1.1B" au Parlement européen de Strasbourg d’une capacité ne dépassant pas vingt personnes, l’eurodéputé Allemand Joachim Schuster a réuni autour de lui deux représentants du polisario et une poignée d’assistants parlementaires et de stagiaires. Bref, trois pelés et un tondu.

 

Après quelques mots de l’eurodéputé, les deux polisariens se sont relayés pour débiter leur discours soporifique habituel auquel plus personne ne prête attention.

 

La farce a pris fin comme elle a commencé, fade, pathétique et sans panache. Les protagonistes et leurs convives se sont retirés sans promesse de se revoir. Il n'y a d'ailleurs aucune raison sérieuse de le faire. Personne ne peut continuer de cautionner de telles mascarades.

 

Glorifiée par la presse algérienne comme une reconquête de l’hémicycle européen dans sa nouvelle configuration, la création de cette entité, qui n’a aucune assise juridique ou institutionnelle, ni de légitimité politique, n’est autre que de l’esbroufe, car un intergroupe n’est pas un organe du Parlement européen et ne peut s’exprimer en son nom.

 

En effet l’article 35 du règlement intérieur du Parlement européen relève que l’intergroupe est "une initiative individuelle d’un eurodéputé qui revêt un caractère non officiel".

 

La même réglementation stipule que les intergroupes ne peuvent mener des activités pouvant prêter à confusion avec les activités officielles du Parlement et de ses organes ou « susceptibles d’affecter les relations avec les autres institutions de l’Union ou les relations avec les pays tiers ».

 

Il leur est strictement interdit d’utiliser le nom ou le logo du Parlement européen, ou ceux des groupes politiques qui les composent.

 

Or toutes ces restrictions ont été bafouées lors de la fameuse réunion du 13 février dans la mesure où le logo du Parlement européen était ostensiblement affiché au fond de la salle et l’ordre du jour tournait exclusivement autour d’une activité dont le seul objectif était «d’affecter les relations » avec un pays tiers, en l’occurrence le Maroc.

 

Il importe de signaler, dans ce contexte, que ces éléments ont été largement expliqués par le Président du Parlement européen David Sassoli, dans une correspondance adressée au Parlement marocain, au président de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb, Andréa Cozzolino et aux commissions parlementaires mixtes UE-Maroc, UE-Tunisie et UE-Algérie.

 

Dans sa lettre, M. Sassoli affirme que le Parlement européen est «particulièrement attaché à éviter toute confusion entre ses activités officielles et celles d’intergroupes ou de tout autre groupement non officiel de députés».

 

Décryptage : la constitution de l’intergroupe « Sahara occidental » est une usurpation d’identité, utilisée à des fins d’escroquerie politique et de propagande à l'encontre d'un Etat souverain, qui, de surcroît, est un partenaire incontournable de l'Union européenne.

 

15/02/2020