L'Italie doit enquêter sur le sort de l’aide humanitaire qu’elle a octroyée aux camps de Tindouf

Le gouvernement italien doit enquêter sur le sort de l’aide humanitaire octroyée aux camps de Tindouf en Algérie, estime Marco Iaconetti, expert en politique internationale.

Dans des articles de presse qu’il a publiés après les dernières révélations sur la poursuite du détournement de l’aide humanitaire européenne par le polisario et l’Algérie, M. Iaconetti rappelle que l'Italie, membre fondateur de l'UE, fait partie des bailleurs de fonds de l'aide humanitaire aux camps de Tindouf.

 

"Comme le rapporte le site du PAM, l'Italie a fourni un total d'environ 2,5 millions de dollars au cours des cinq dernières années", a-t-il dit.

 

«Des millions d'euros ont quitté l'Italie pour soutenir les programmes d’aide alimentaire, sanitaire, logistique et bien plus encore pour une population qui survit dans le désert algérien dans des conditions extrêmes», écrit l’expert italien, notant qu’il est tout à fait légitime de se demander si l'argent du contribuable italien « ne s'est pas retrouvé parmi les sommes détournées et si le gouvernement italien a l'intention de lancer une enquête à ce sujet ».

 

Il a relevé qu’il s’agit d’une question bien pertinente «car, en pleine crise de Covid-19, le gouvernement italien a donné un autre demi-million d'euros au Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) pour venir en aide aux réfugiés du Sahara algérien à Tindouf».

 

Il a tenu à préciser qu’ «aider les plus démunis est un principe sacré qui témoigne de la solidarité italienne dans le monde, mais c'est un devoir envers le contribuable italien que de veiller à ce que ces aides ne finissent pas entre de mauvaises mains».

 

L’expert italien relève que «des millions d'euros des contribuables européens sont en jeu, tandis que les conditions des réfugiés sont restées inchangées», précisant que «le but de l'aide était censé être humanitaire, mais en réalité, il s'est avéré qu'une grande partie de cette aide était utilisée pour acheter des armes».

 

Ce contexte, ajoute-t-il, favorise la radicalisation des jeunes des camps de Tindouf et leur embrigadement dans les rangs des groupes terroristes qui constituent une menace pour la région et pour l’Europe.

 

L’expert a également pointé du doigt le kidnapping des coopérants internationaux dans les camps de Tindouf, rappelant le cas de l’italienne Rossella Urru « enlevée par des terroristes d'Al-Qaïda le 23 octobre 2011 dans les camps de Tindouf avec deux de ses collègues espagnols».

 

«Outre la rentabilité des enlèvements, l'esclavage est un autre phénomène grave dénoncé depuis des années par les ONG de défense des droits de l'homme dans ces camps », rappelle l’expert italien, précisant que «souvent il s’agit de très jeunes filles vendues par leur père à des maris âgés en échange d'une compensation financière».

 

Et de conclure que ces agissements ne peuvent pas passer inaperçus sans une réaction ferme de la part de la communauté internationale.

18/07/2020