Aminatou Haidar recevant un prix de la fondation Right Livelihood Award

Deux jours avant le lancement de son association, Aminatou Haidar a réussi à convaincre 22 lauréats du «Prix Right Livelihood», appelé également le «Prix Nobel Alternatif», d’adhérer aux revendications du Polisario.

Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, les signataires expriment ainsi leur «profonde préoccupation face à la situation actuelle au Sahara Occidental». Ils disent regretter particulièrement «l’interruption prolongée du processus de négociation entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc initié à Genève, en Suisse».

Aussi, ils réclament la «désignation rapidement d’un nouvel envoyé personnel sans conditions préalables et à reprendre d’urgence le processus de négociation». Une revendication accompagnée par la vieille antienne de l’«élargissement du mandat de la MINURSO pour y inclure un mécanisme de suivi et de rapport concernant la situation des droits de l’homme au Sahara occidental».

En écho aux lettres du secrétaire général du Front destinées à Antonio Guterres, le groupe des 22 lauréats du «Prix Right Livelihood» a exigé que «le droit à l’autodétermination, inscrit dans la Charte des Nations unies, constitue le fondement sur lequel se base le mandat de la MINURSO».

Sauf que l’organisation d’un referendum au Sahara est une option de plus en plus écartée par l’ONU depuis deux décennies. En janvier 2000, Kofi Annan, alors secrétaire général de l’organisation, avait mis un terme à la Commission d’identification des électeurs éligibles à prendre part au scrutin référendaire dans la province. Et pour cause, seuls 2 130 candidats ont été habilités à voter, de 1993 à décembre 1999, sur une liste de 51 220 requérants au Sahara occidental.

Cet échec avait contraint le Ghanéen à suspendre toute l’opération mais sans pour autant remettre en question la présence de la MINURSO sur le territoire.

22/09/2020