Lorsque Alger encourageait le groupe Belmokhtar à mener des attaques au Sahara occidental [Rapport U

Des extraits du rapport datant de 2013 de la Direction Générale de la Sécurité Extérieur de la France révélaient que l’Algérie avait encouragé le groupe Mokhtar Belmokhtar pour mener des attaques contre les intérêts du Maroc au Sahara occidental. Des révélations, désormais, confirmées par les services de Mike Pompeo. 

 

A trois semaines des élections présidentielles du 3 novembre, Donald Trump vient de jeter une de ses dernières cartes dans la bataille. Le Département d’Etat a répondu à son injonction, exprimée le jeudi 8 octobre, de publier les emails de Hillary Clinton échangés sur un serveur privé alors qu'elle était aux commandes de la diplomatie américaine sous le premier mandat de Barack Obama.

 

Sur la liste un email concerne le Maroc, datant du 18 janvier 2013, d'un certain «Sid» adressé à Mme Clinton. Sa teneur résumé un rapport de la Direction Générale de la Sécurité Extérieur de la république française sur les groupes terroristes opérant au Sahel, publié dans le sillage de l’enlèvement, en avril 2012, du consul algérien à Gao (Nord-Est du Mali) ainsi que six membres de sa mission diplomatique.

 

Le document indique que le gouvernement algérien a été «surpris et désorienté par l’attaque», revendiquée par les islamistes du Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), une dissidence d’AQMI. Après cette opération, le rapport révèle que les renseignements algériens ont conclu un «accord secret» avec Mokhtar Belmokhtar.

 

Par cette entente, Alger demande au chef de la Katiba «Les Signataires du Sang» de «concentrer ses opérations au Mali» tout en «l’encourageant à commettre des attaques contre les intérêts du Maroc au Sahara occidental». Pour mémoire, au lendemain de l’enlèvement du diplomate algérien à Gao, des médias algériens avaient pointé la «connivence» entre le royaume et le MUJAO. Des accusations reprises également par le Polisario.

 

Une courte lune de miel

 

Néanmoins, cette lune de miel entre Belmokhtar et les renseignements algériens s’est a tourné court. En janvier 2013, ses fidèles prennaient en otages des travailleurs dans l'exploitation gazière de Tiguentourine, près de Ain Amenas dans le Sahara algérien. Pire, en août de la même année son groupe fusionne avec le MUJAO, accusé par les Algériens de «rouler pour le Maroc», pour former Al Mourabitoune.

 

Le courriel adressé à Mme Hilary Clinton révèle aussi que Rabat a pris très au sérieux la menace que constitue Belmokhar sur la stabilité de son voisin du sud. En 2010, Rabat «avait encouragé le gouvernement mauritanien a tenté de négocier avec Belmokhtar un règlement devant permettre à ses partisans de réintégrer la société normale. Ces négociations ont cependant échoué à l'été 2010 et le groupe Belmokhtar a poursuivi son soutien opérationnel à AQMI dans toute la région».

 

Commettre des attentats au Sahara occidental était également sur la liste des objectifs du groupe dirigé par l’Algérien Abdelhamid Abou Zeid qui s’activait entre les frontières algéro-maliennes, précise le rapport de la DGSE. Cet ancien membre d'AQMI a été tué par l’armée française en mars 2013, soit deux mois après le message de «Sid» à Mme Clinton.

 

18/10/2020