Deux chercheurs d’or sahraouis brûlés vifs par des militaires algériens

Deux chercheurs d’or sahraouis auraient été brûlés vifs par des militaires algériens. Le troisième, qui leur servait de gardien, aurait eu plus de chance, en prenant la poudre d’escampette avant l’arrivée d’une patrouille algérienne sur le lieu.

 

Le drame s’est produit, lundi, dans le «camp Dakhla», situé à 200 km des camps de Tindouf. Craignant d’être arrêtés par les soldats, les deux orpailleurs se seraient cachés dans le puits d’une profondeur d'environ sept mètres dans lequel ils creusaient. Après avoir saisi le matériel des chercheurs d’or laissé de côté et quelques bouteilles d’eaux, les soldats auraient aspergé d’essence le lieu et l’auraient incendié.

 

Face aux flammes qui les encerclaient, les deux sahraouis ont sollicité l’aide des militaires en vue de les secourir. Faisant la sourde oreille à leurs cris, les Algériens seraient partis à bord de leur véhicule de service, laissant les chercheurs à leur sort.

 

D'autres militaires algériens se sont rendus sur le lieu du crime. Ils ont constaté le décès des Sahraouis et remis ensuite les dépouilles à la direction du Polisario. Celle-ci observe, jusqu’à présent, le silence. Néanmoins, une organisation proche du Front qui s’active sur les réseaux sociaux, appelée «le peuple veut l’indépendance» a diffusé, ce matin, un communiqué innocentant les Algériens, soulignant que ces derniers ignoraient la présence des chercheurs d’or au fonds du puits. 

 

Ce drame a donné l’occasion au Mouvement Sahraouis pour la paix, qui conteste la légitimité du Polisario, d’exiger ce mardi l’ouverture d’une enquête internationale sur ce drame.

 

Cet incident n’est pas le premier du genre. En 2014, une patrouille de l’armée algérienne avait tué des commerçants sahraouis sans susciter la moindre réaction du Polisario.

 

Face à la fermeture des frontières avec la Mauritanie, les jeunes démunis des camps de Tindouf sont forcés de chercher de l'or.

 

 

21/10/2020