Le Polisario rejette la nomination de Petre Roman comme nouvel envoyé spécial de l’ONU au Sahara

La proposition de la nomination de l’ancien Premier ministre roumain, Petre Roman, au poste d’envoyé personnel du secrétaire général à l’ONU au Sahara a été refusée par le Polisario. Le mouvement séparatiste vient ainsi de se tirer une nouvelle balle dans le pied... Tout en accentuant son isolement diplomatique.

 

Annoncé depuis plusieurs mois comme le potentiel prochain envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara, l’ancien Premier ministre de Roumanie, Petre Roman, n’occupera finalement pas le poste laissé vacant, depuis mai 2019, par l’Allemand Horst Köhler.

 

De sources bien informées, Le360 apprend ainsi que le Polisario a opposé son refus au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui était sur le point d’officialiser cette nomination. Une telle réaction de la part du mouvement séparatiste était attendue, quand on sait que celui-ci a mené, ces dernières semaines, une farouche campagne de dénigrement, par médias algériens interposés, contre ce fin connaisseur du Royaume et du Sahara atlantique, qu’il a déjà visités à plusieurs reprises. 

 

Cependant, ce refus étonne quelque peu de la part du tandem Algérie-Polisario, pour lequel le problème du Sahara n’existe médiatiquement qu’à travers la propagande qu’ils font autour des activités locales de l’envoyé spécial de l’ONU, quitte à faire montre d'une contradiction flagrante concernant le processus politique au Sahara.

 

En effet, quand un envoyé spécial de l’ONU est sur le terrain, ils font volontairement preuve d'une rigidité absolue dans leur position, en s’en tenant à une solution qu’ils savent inapplicable. Quand cet envoyé est absent, ils mettent la pression sur le secrétaire général de l’ONU, pour l’inciter à choisir rapidement un nouvel émissaire personnel au Sahara, en vue de relancer un processus de négociations... Qu’il leur est ensuite loisible de bloquer à nouveau.

 

Une chose est sûre, l’Algérie et le Polisario ne pourront plus crier à l’urgence de nommer un envoyé spécial au Sahara. Rappelons que la nomination d’un envoyé au Sahara était devenue une affaire d’Etat en Algérie. Le président Abdelmadjid Tebboune a lui-même exhorté, à plusieurs reprises, le secrétaire général de l’ONU à accélérer la nomination d’un successeur à Horst Kohler.

 

Son ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, en a également fait le cheval de bataille de la diplomatie algérienne, cette dernière étant d’ailleurs axée sur tout ce qui peut nuire à son voisin marocain. Lors de sa récente tournée africaine, Boukadoum a même exigé de ses interlocuteurs de joindre leur voix à celle de l’Algérie pour obtenir non seulement une nomination rapide d’un envoyé onusien au Sahara, mais pour que la mission de celui-ci soit strictement limitée à l’organisation d’un référendum au Sahara, une option pourtant rejetée par les résolutions de ces dernières années du Conseil de sécurité, et qu’Alger et Pretoria sont les seuls pays africains à soutenir encore. 

 

Ce refus d’accepter la proposition de nomination de Petre Roman risque de retarder davantage la désignation d’un représentant du secrétaire général de l’ONU au Sahara.

 

«La rectitude de l’Algérie et du Polisario à camper sur une solution, rendue impossible par la réalité du terrain et la présence de nombreux consulats au Sahara, n’incite pas des personnalités qui ont du poids à accepter de jouer les bons offices dans ce dossier. Pourtant, le Maroc appelle de ses vœux à la désignation d’un envoyé spécial au Sahara qui saurait convaincre l’Algérie et le Polisario de s’engager dans un processus politique», confie,n interrogé par Le360, un diplomate.

 

Avec ce refus, il faut donc compter au moins jusqu’au mois d’avril pour qu’un représentant d’Antonio Guterres soit opérationnel au Sahara. D’ici là, le Polisario va devoir faire face à sa guerre fictiven et viruellement menée, contre le Maroc, à laquelle personne n’accorde le moindre intérêt, et aux multiples revers diplomatiques qu’il a accumulés ces dernières années à l’ONU, ainsi qu’au sein de l’Union africaine.

 

Le Maroc, de son côté, reste serein. D’une part, ce qui l’intéresse, c’est de continuer sa dynamique de développement tous azimuts de ses Provinces du Sud, en partenariat avec l’Union européenne, les Etats-Unis, les pays du Golfe et ceux d’Afrique présents sur place. D’autre part, le Royaume est prêt à s’engager à nouveau dans un processus politique dont il ne peut tirer que des avantages, sachant que l’ONU a définitivement enterré l’inopérante solution référendaire, et clairement opté pour une solution pragmatique et réaliste qui peut se concrétiser que sur la base d’une autonomie, bien entendu sous souveraineté marocaine. 

 

25/01/2021