L'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Christopher Ross, a bouclé vendredi à Alger sa troisième tournée dans la région. Une tournée durant laquelle l'envoyé onusien s'est rendu à Rabat, Laâyoune et Smara, Tindouf, Nouakchott et Alger. Après les rounds de négociations à Greentree (Manhasset) et les précédentes tournées, il semble que la question du Sahara marocain n'aura pas une issue de sitôt, puisque le dossier n'a pas avancé d'un millimètre.

C'est ce mercredi que les consultations sur le Sahara débuteront au niveau de la quatrième Commission de l'ONU sur les questions politiques et de délocalisation, au Conseil de sécurité à New York. L'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Christopher Ross, qui bouclait vendredi sa 3e tournée dans la région, y présentera un rapport sur l'état des lieux et les principales conclusions de sa dernière visite.

 

Rappelons qu'il s'était rendu lundi 14 octobre au Rabat, avant de s'envoler vers les camps de Tindouf. Vendredi 18 octobre, il avait visité Laâyoune puis Smara, avant de regagner Nouakchott puis Alger.

 

Mais comme lors de ses précédentes visites, Christopher Ross reviendra à New York bredouille. Si au Maroc, l'envoyé onusien tient à chaque fois à rencontrer les séparatistes de l'intérieur à Tindouf, Christopher Ross se contente de se rendre seulement chez les dirigeants du Front Polisario.

 

Ses trois tournées se suivent et se ressemblent, relevant à chaque fois du même modus operandi.

 

“Malgré la volonté de changement méthodologique de Christopher Ross dans son approche du conflit au Sahara, on ne peut que déplorer la stagnation de la situation, qui au demeurant n'a pas évolué depuis maintenant 37 ans.”

GILLES PARGNEAUX, PRÉSIDENT DU GROUPE D'AMITIÉ UE-MAROC.

 

Les séparatistes de l'intérieur redoublent d'efforts

 

Lors de sa visite à Laâyoune et Smara, Christopher Ross a été accueilli par des manifestations et des clashs entre pro-Polisario et forces de l'ordre. Des affrontements devenus assez fréquents dans le Sud du Royaume, puisque les pro-séparatistes saisissent toujours l'occasion de la présence de délégations étrangères ou autres personnalités pour investir les rues.

 

Bilan de cette confrontation: cinq éléments des forces de l'ordre blessés et évacués à l'hôpital, selon les autorités locales, et “des dizaines” de civils hospitalisés selon l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH).

 

Lors de sa dernière sortie médiatique, suite à sa rencontre avec M. Ross à Laâyoune, Aminatou Haidar, présidente du Collectif de défenseurs des droits de l’Homme (CODESA), a promis plus de violences et d'affrontements au Sahara. Dans une déclaration à un journal canarien, elle a même indiqué que “la mobilisation des Sahraouis a de plus en plus une tendance violente”. Une déclaration en parfaite harmonie avec les propos des leaders du Polisario, qui ne cessent de souligner que “le recours à lutte armée n'est pas à écarter pour le règlement de ce dossier”.

 

Alger s'en lave les mains encore une fois

 

Mais alors que l'ONU la considère comme partie de ce différend, et qu'elle accueille les séparatistes sur son propre territoire, l’Algérie a encore une fois répété qu'elle “n'est qu'un pays voisin et un observateur dans un différend entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario”.

 

Le voisin du Sud a aussitôt dépêché son ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, à Nouakchott jeudi dernier. Ce dernier a été reçu par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

Le chef de la diplomatie algérienne n'était pas le seul en déplacement cette semaine. Le ministre des Affaires générales et de la coopération, Salaheddine Mezouar, s'est également rendu pour sa part à Paris puis à Madrid, afin de couper l'herbe sous les pieds d'Alger.

 

Rappelons que le Roi avait qualifié la situation de “difficile”, lors de son discours d'ouverture de la session parlementaire d'automne.

 

Rien n'est encore tranché. “Les manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale ne vont pas s'arrêter, ce qui pourrait placer notre cause devant des développements décisifs”, avait estimé Mohammed VI.

 

Ce dernier avait également exhorté les parlementaires, et l'ensemble du peuple, à une “forte mobilisation, une vigilance de tous les instants et à des initiatives efficaces”.

28/10/2013