Malgré l’austérité imposée au contribuable algérien, en raison de la chute des cours, Alger n’a pas lésiné sur les pétro-dinars pour abriter et encadrer, tout au long du mois d’août, la 7ème édition de «L’université d’été des cadres du Polisario». Les sous et les dessous du bluff.

 

La wilaya algérienne de Boumerdes a abrité, du 7 au 26 août dernier, la 7ème édition de «L’université d’été des cadres du Polisario». Parmi ces «cadres», figuraient pas moins de vingt-huit «frontistes de l’intérieur», dont un ingénieur d'Etat marocain, en l’occurence Mohamed El Moutaoakil (ancien SG de l’arrondissement de Ben M’ski). A leur arrivée, le 7 août, à Boumerdes, via Alger, en provenance de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, ces «frontistes», ont trouvé à leur accueil, entre autres, deux cadres du Polisario, en l’occurence Abdellah Souilem et El Khalil Sidi M’Hamed Badi. Direction: l’internat de «l’Institut algérien du Pétrole» où ils ont été briefés par le dénommé Mohamed El Ouali Aakik sur le programme de cette activité, placée cette année sous la présidence de Mohamed Lamine El Bouhali, titulaire du «portefeuille du Peuplement des territoires libérés », poste qu’il refuse toujours tellement il tient à son ancien portefeuille de ministre de la défense».

 

Arrivés à l’internat dudit «Institut algérien du pétrole», les «frontistes de l’intérieur» ont eu droit à un accueil des plus chaleureux et, surtout, à la somme de 10.000 dinars prélevés sur les caisses du contribuable algérien et distribués à chacun d’eux à titre gracieux! En reconnaissance du ventre, les vingt-huit séparatistes de l’intérieur scandent des slogans enflammés et brandissent des exemplaires du fanion qui sert de drapeau à la «RASD», sous l’oeil émerveillé de leurs mentors algériens et, accessoirement, des membres du «secrétariat général» du front Polisario, avec à leur tête le tout nouveau chef du Polisario, Brahim Ghali.

 

Le «butin» ayant été empoché, cap sur «l’université Mohamed Bougaraa» où s’est déroulée la séance d’ouverture de cette activité dédiée à Mohamed Abdelaziz (décédé le 31 mai dernier dans une clinique de Rochester, aux Etats-Unis), en présence, outre Brahim Ghali, de Abdelkader Taleb Omar («premier ministre"), Mohamed Mustapha Tilmidi («ministre du Commerce»), Mohamed Sidati («ministre délégué chargé de l’Europe») et Lahcen Lahriti («conseiller à la présidence»).

 

Et comme il s’agit ici d’une activité algérienne, il faut bien noter qu’Alger n’a lésiné sur aucun moyen pour être au rendez-vous! La salle de «l’université Bougeraa» a en effet été le théâtre d’un impressionnant rush de dirigeants algériens, dont Kamel Rezag Bara (conseiller du président algérien Abdelaziz Bouteflika pour les questions de la sécurité), Yamina Zerhouni (wali de Boumerdes), l’inconditionnel Sadek Bougataya (dirigeant au Front de libération nationale, FLN, au pouvoir depuis que l’Algérie a obtenu son indépendance le 3 juillet 1962), Saïd El Ayachi («président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, CNASPS), en plus de certains diplomates accrédités à Alger.

 

Devant cette audience, juste après le chant de l’hymne national algérien et celui du Polisario, Brahim Ghalib se présente à la tribune de la salle pour saluer «les efforts déployés par Alger, à travers ledit «Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui», pour l’organisation de cette activité, qui s’inscrirait dans le cadre «d’un processus de rayonnement de la cause sahraouie et le développement des compétences des cadres sahraouis»!

 

Au suivant! Mohamed Lamine El Bouhali, ancien «ministre sahraoui de la Défense», réputé être partisan zélé de la «lutte armée» contre le Maroc, a refait des siennes en appelant à faire de cette activité «une victoire du peuple sahraoui»!

 

Les cadres algériens, eux, n’en ont pas raté une pour réitérer leur détermination de l’Algérie à soutenir la «cause sahraouie, jusqu’à l’indépendance du Sahara occidental»! Tout au long des travaux de ladite «Université d’été », trente académiciens et responsables politiques et syndicaux algériens, dont Youssef Machriya (secrétaire général de la Ligue des imams et oulémas des pays du Sahel) et Nouria Hafsi (secrétaire générale de l’Union nationale de la femme algérienne), ont véhiculé un discours hostile à l’intégrité territoriale du Maroc, axé sur la prétendue «légitimité de la lutte des Sahraouis pour leur indépendance», «les réalisations accomplies par la RASD» et «le rôle de la guerre psychologique et de la manipulation des réseaux sociaux et des nouvelles technologies dans le rayonnement de la cause sahraouie»!

 

A l’issue de la séance de clôture, qui s’est déroulée le 22 août, sous la présidence de Abdelkader Taleb Omar, il a  été procédé au renouvellement du jumelage entre la municipaleté de Boumerdes et la «wilaya de Boujdour » (camps de Tindouf)!, ainsi qu’à l’organisation d’un tournoi baptisé du nom de Mohamed Abdelaziz proclamé «martyr».

 

Pour la petite anecdote, ce tournoi a été remporté par «l’équipe sahraouie», en dépit de sa défaite devant celle de la police locale de Boumerdes. Un coup de bluff signé «Sadek» Bougataya intervenu lui-même pour convertir cette défaite en «victoire»! Une défaite de la raison dont seul un affabulateur  de la trempe de «Sadek» rompu à la déformation des faits peut être capable. Et en guise de «happening» pour cette «chouha» de Boumerdes, les « guest-stars » de chez nous, «frontières de l’intérieur», se sont vu offrir un déjeuner à «l’ambassade de la RASD» à Alger», à l’issue duquel ils ont reçu la somme de 300 dollars US chacun! Le contribuable algérien, lui, peut toujours crever. Il est condamné à payer pour une imposture qui n’a que trop duré!

13/09/2016