L'arrivée de l'islam politique dans le monde arabe, les relations entre les islamistes marocains et les frères musulmans, les relations maroco-iraniennes, les répercussions de la guerre au Mali, ainsi que le dossier du Sahara, tels étaient les sujets abordés par le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, dans une interview publiée par le quotidien arabophone libanais Al Akhbar.

Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a affirmé dans une interview publiée lundi par le quotidien libanais Al Akhbar, que la question du Sahara est sans fondement, et que “les héros de ce différend étaient un groupe d'étudiants trompés”.

Abdelilah Benkirane n'a pas manqué de rappeler que c'est l'ex-dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, qui a joué le rôle du “séditieux” auprès de ces jeunes, et que l'Algérie les avait adoptés par la suite. Il a tout de même réaffirmé que la question du Sahara sera résolue après l'ouverture des frontières entre le Maroc et l'Algérie.

 

“Il n'y a pas de différend entre les peuples marocain et algérien, et si les frontières sont ouvertes, tout le monde se rendra compte que c'était un différend artificiel. Nous espérons que ce jour-là ne soit pas lointain.”

ABDELILAH BENKIRANE DANS AL AKHBAR.

 

Le chef de l'Exécutif a également estimé que “les Marocains sont allés au maximum dans la question du Sahara en proposant l'initiative d'autonomie”. Déclarant que des négociations franches se déroulent entre le Maroc et l'émissaire de l'ONU, Christopher Ross, Abdelilah Benkirane a affirmé aussi qu'il existe des répercussions de la guerre au Mali sur le dossier du Sahara. Il  a invité l'émissaire onusien “à faire plus de diligence dans le plan proposé par le Maroc, conformément aux réalités historiques et politiques”.

 

Le mouvement islamiste au Maroc a sa propre idéologie

 

Répondant à une question sur les relations entre le mouvement islamiste marocain et les frères musulmans, le secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement a déclaré qu'au Maroc, il a sa propre idéologie, “qui n'a rien à voir avec celle des frères musulmans”.

 

“Nous rejetons l'idée de s'impliquer dans la vie des gens. Les populations ont besoin de jouir de leurs droits. Les Marocains ont connu l'islam depuis des siècles, et ils ont réussi à construire un Etat moderne, et à maintenir la stabilité.”

ABDELILAH BENKIRANE.

 

A propos des relations maroco-iraniennes, Abdelilah Benkirane a confirmé avoir rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères, en marge d'un congrès. Il a qualifié l'Iran de “grand Etat islamique”, avec qui le Maroc a entretenu de “bonnes relations historiques”. Toutefois, le chef du gouvernement a déclaré qu'“en termes de relations extérieures et de toutes questions liées à la souveraineté, c'est le Roi qui est compétent, conformément aux dispositions de la Constitution”.

04/03/2013