Les ennuis du chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz n’en finissent plus à cause des déclarations retentissantes de Bachir Mustapha Sayed. En défendant Mustapha Salma, le dissident banni en 2010 des camps de Tindouf pour avoir soutenu publiquement le plan marocain d’autonomie au Sahara occidental, Bachir Sayed a mis toute la direction du Polisario dans l’embarras.

Selon des sources bien informées à Tindouf, Mohamed Abdelaziz a été personnellement tancé par des hauts gradés du  DRS, les services des renseignements militaires algériens qui gardent la haute main sur les camps du Polisario à Tindouf. Le chef du Polisario s’est vu reprocher son laxisme qui a abouti à l’indiscipline actuelle, y compris parmi les membres influents du Front indépendantiste. Les déclarations de Bachir Mustapha Sayed en sont le dernier avatar. Car Bachir Mustapha Sayed n’est pas n’importe qui, il est le propre frère d’El Ouali Mustapha Sayed, le fondateur du Polisario mort en 1976. C’est ce qui explique que sa lettre ouverte ait eu un tel écho dans les camps sahraouis de Tindouf.  Dans ce document, Bachir Mustapha Sayed qui a rang de « ministre d'Etat » du Polisario, ne tarit pas d’éloges à l’égard de l’ennemi numéro un du Polisario. Il dit respecter en Mustapha Salma sa parfaite conscience de la situation pénible que vivent les sahraouis dans les camps de Tindouf. Il reconnaît aussi au dissident sa détermination à vouloir changer les choses.

En outre, la profonde connaissance des intrigues qui se trament entre la direction du Polisario et les services algériens pour faire perdurer le conflit du Sahara occidental, font de Mustapha Salma l’ennemi juré de Mohammed Abdelaziz autant que d’Alger. D’ailleurs, le fait que Mustapha Salma soit toujours interdit de mettre les pieds dans les camps de Tindouf, alors que ses cinq enfants et sa femme s’y trouvent encore, est la parfaite illustration de cette écrasante animosité.
Et selon les mêmes sources à Tindouf, Bachir Mustapha Sayed après avoir été convoqué par le DRS pour donner des explications sur ses audacieuses déclarations, serait désormais mis sous étroite surveillance. Les hauts gradés du DRS craignent visiblement une défection de Bachir Mustapha  Sayed, à l’image des nombreux autres dirigeants du Polisario qui ont fini par regagner le Maroc par le passé.

03/10/2012