Le Maroc attend toujours la nouvelle décision de la Cour européenne de justice après l’annulation partielle des accords commerciaux bilatéraux incluant le Sahara. Lors d'une rencontre hispano-marocaine hier, Rabat a vivement appelé son voisin ibérique à défendre sa cause à Bruxelles.

« Attention ! Nous avons parcouru un long chemin ensemble. Ensemble nous avons fait des progrès, et ce qui se passe aujourd’hui ne doit pas aller à l' encontre d'une histoire commune qui va au-delà du poisson et des tomates, mais s’étend sur des terrains géopolitiques aussi sensibles que l'immigration et d'autres menaces plus récentes et peut-être plus graves pour le monde occidental ». C’est en ces termes que s’est adressé Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, aux Espagnols lors de la réunion de la commission hispano-marocaine hier, mardi 12 juillet, à Tanger, rapporte la presse espagnole. 

Le Maroc est dans tous ses droits, selon le ministre

Le ministre a appelé autorités et professionnels de la pêche espagnole à plaider la cause du Maroc auprès de l’UE, alors que la nouvelle décision de la Cour européenne de justice -au sujet de l’annulation de l'accord agricole- se fait encore attendre. M. Akhannouch a rappelé que les deux royaumes se doivent un « soutien mutuel », rappelant qu’en s’alliant au Maroc, l’Espagne soutiendrait une cause tout à fait légale. « L'accord de pêche est un accord entre l'UE et le Maroc pour promouvoir les relations économiques, l'intégration dans la région. Plus qu'un accord économique est un accord technique avec des concessions de part et d'autre pour le bien des deux parties », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « c’est un accord légitime, conclu en vertu de la loi et du droit international, les autres problèmes doivent être discutés au sein des Nations Unies, et non au niveau régional ».

D’après le ministre, « le Maroc a toujours été un bon élève et a obtenu de bons résultats » en matière de normes exigées par l’UE dans le cadre de l’accord de pêche. Il a également rappelé que l’annulation de l’accord agricole met à mal tant les professionnels européens –surtout espagnols- que les populations sahraouies. « La décision [de la Cours européenne de justice] pénalise tous les Sahraouis, il prive les jeunes d’emploi, empêche l’exportation de produits vers les marchés européens donc empêche la génération de richesse », a-t-il déclaré.

Réponse favorable de la pêche espagnole 

Le gouvernement espagnol, représenté par le Secrétaire Général des Pêches, Andrés Hermida, s’est montré ouvert et coopératif. Il a accepté le rôle de partenaire du Maroc devant l’UE mais il a a toutefois précisé qu’il n’interviendra que sur le dossier de la pêche.

En annulant les accords commerciaux Maroc-UE dans le Sahara, la Cour de justice de l’UE faisait valoir que ces activités ne bénéficient pas aux populations locales. Chose que le Maroc dément formellement, document à l’appui,  même si ce dernier a été détourné par une ONG pro-Polisario en avril dernier pour jeter le discrédit sur Rabat. D’ailleurs en février dernier, la Haute représentante de l’Union, Federica Mogherini, certifiait qu' « il n'existe aucune règle de droit international qui empêche l’UE de signer avec le Maroc des traités incluant aussi le Sahara occidental ».

 

13/07/2016