Affaire Mahjouba: Crise entre Madrid, Alger et le Polisario

Le maintien en rétention de la jeune fille hispano-sahraouie Mahjouba à Tindouf scandalise l’opinion publique espagnole. Madrid entre en ligne, Alger et le Polisario cafouillent. La crise.

L’affaire Mahjouba continue de faire couler beaucoup d’encre … et de larmes. Le cas de cette jeune fille hispano-sahraouie, dont le passeport est confisqué par les matons de Tindouf depuis le 18 août dernier, cristallise l’attention des ONG de défense des droits humains et scandalise l’opinion publique internationale et espagnole en particulier. "Crime grave", largue Human Rights Watch, en appelant le maton en chef de Tindouf, Mohamed Abdelaziz, à "permettre à Mahjouba d’exercer son droit à la liberté de mouvement, sans restriction aucune". Vagues de réactions indignées sur la Toile contre Alger et le Polisario, pressés de relâcher la jeune "Malala sahraouie" empêchée de retourner dans son pays d’adoption, l’Espagne, à Valence, après un improbable voyage, en août dernier, à Tindouf pour rende visite à sa grand-mère malade.

Pas moins de 4.000 pétitions recueillies sur les réseaux sociaux, en guise de solidarité avec ce bourgeon arraché à son terreau et retenu contre son gré dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Tindouf au motif supposé que ses parents biologiques refusent son retour en Espagne et que son éducation à l’occidentale jure avec les "valeurs" tribales sahraouies. Une thèse rejetée par les inconsolables parents adoptifs de Mahjouba, qui n’ont lésiné ni sur les moyens ni sur la tendresse pour offrir à la fille les conditions idoines de son émancipation. Preuve en est que leur fille adoptive a été dernièrement embauchée par cette prestigieuse fondation caritative britannique, Marie Curie Fondation Care à Londres, ville qu’elle a d’ailleurs choisie pour poursuivre ses études supérieures. Mais voilà, ce bel avenir annoncé risque d’être compromis par la séquestration de Mahjouba, confinée depuis le 18 août dans une cellule de rétention et placée sous une stricte surveillance par les matons polisariens avec la complicité criminelle de la gendarmerie militaire algérienne. D’où cette véritable levée de boucliers chez les ONG de défense des droits humains et cet impressionnant mouvement d’indignation chez une opinion publique espagnole jusque là favorable au Polisario mais qui se rend compte aujourd’hui de l’ampleur de l’escroquerie séparatiste et ne compte surtout pas baisser les bras pour libérer Mahjouba des griffes du front esclavagiste.

Madrid entre officiellement en ligne

Aux dernières nouvelles, Le360 apprend que les autorités de Madrid sont finalement intervenues auprès d’Alger et du Polisario pour relâcher la jeune Mahjouba. Dans un communiqué officiel, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Garcia Margallo, annonce avoir obtenu un "engagement" de la part du Polisario pour trouver "une solution urgente" à ce conflit. "Engagement" ou nouvelle tentative de diversion destinée à détourner l’attention de l’opinion publique espagnole et internationale plus généralement. A l’heure de l’écriture de ces lignes, aucune nouvelle n’a filtré sur le fil de l’agence de propagande mensongère du Polisario, SPS, pas plus que sur celui de sa consoeur algérienne APS, qui ont curieusement avalé leur langue sur ce pourtant gros scandale humanitaire rappelant cruellement les pratiques infamantes de la tristement célèbre époque de l’esclavage. Une chose reste pourtant sûre : la pression se poursuit à une cadence croissante. La députation de Valence décide de suspendre toutes les conventions et les aides au Polisario. La mobilisation sur le Net ne faiblit pas. Seule ombre au tableau, le silence coupable des «chevaliers preux des droits de l’Homme au Sahara marocain» ! "Où es-tu Aminatou Haidar, notre Aminatou, autoproclamée passionaria des droits de l’Homme et de la soi-disant Intifada sahraouie ?", s’interroge un habitant des provinces sahariennes. L’inénarrable "Ghandi sahraouie" habituée à remuer ciel et terre quand il s’agit de simples arrestations de criminels de droit commun à Laâyoune a subitement perdu l’usage de sa langue. Autant que cette hypocrite Kerry Kennedy et, last but not least, ce célèbre cinéaste espagnol Javier Bardem qui veut bien verser des larmes crocodilesques sur "Les Enfants des nuages" (titre de son dernier navet financé par les pétro-dollars algériens) mais pas sur Mahjouba! Simplement honteux.

26/10/2014