Le Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'Onu a été interpellé, mardi, sur le cas du militant Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, empêché par le polisario de retrouver sa famille dans les camps de Tindouf en Algérie.

 

«Pourriez-vous porter la voix de Mustapha Salma ? La vie qu'il mène est intenable, cloitré loin de sa famille et sans passeport», a déploré André Martin Karongozi, avocat aux barreaux de Bruxelles et de Rwanda lors d'une séance plénière du CDH à Genève.

 

«Pourriez-vous porter la voix de Mustapha Salma ? La vie qu'il mène est intenable, cloitré loin de sa famille et sans passeport», a déploré, à Genève, André Martin Karongozi

 

L'ancien cadre supérieur du polisario avait été kidnappé et éloigné des camps de Tindouf pour avoir osé s'exprimer publiquement en faveur de l'initiative marocaine d'autonomie après une visite qu'il avait effectuée dans la ville de Smara.

 

Ould Sidi Mouloud «espère notamment être autorisé à accompagner sa fille de cinq ans qui doit se faire opérer à l'étranger», a poursuivi Me Karongozi, rappelant que le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), garant de la convention de 1951 sur les réfugiés, doit donner l'exemple en œuvrant à ce que cet instrument soit respecté. 

 

«Ce n'est pas ce qu'on a fait dans le cas de Ould Mouloud. Mais il est humain de se tromper», a fait observer l'avocat qui a exhorté le Conseil des droits de l'Homme à intervenir «au nom de la survie et de la liberté de notre client».

 

Mustapha Salma renseigne sur le besoin urgent pour la communauté internationale d’agir en faveur des populations des camps pour leur garantir le droit de décider librement de leur sort et de vivre dans la dignité et la sécurité.

 

En juin dernier, plusieurs experts internationaux et des représentants d'ONG avaient invité le HCR à «faire davantage» pour régler l'affaire du militant Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud.

 

Cet appel avait été lancé au cours d'une conférence-débat sur «les défis aux droits de l'Homme des réfugiés et des migrants», organisée au Palais des Nations à Genève par l'ONG AIDE-Fédération en marge de la 29e session du CDH.

 

Par la meme occasion, les experts précités, dont l'universitaire et avocat bruxellois Stéphane Rodriguez, ont dénoncé «le silence des institutions internationales concernées quant à la situation juridique des camps de Tindouf».

 

16/03/2016