Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé mercredi que les Etats-Unis ont fait un don d’un million de dollars pour les Sahraouis des camps de Tindouf. Une enveloppe budgétaire pour pallier la baisse drastique des aides humanitaires que le Front Polisario est soupçonné de détourner.

 

«Le Programme alimentaire mondial (PAM) a accueilli (…) une contribution de 1 million de dollars des États-Unis pour soutenir les réfugiés vulnérables du Sahara occidental en Algérie.» C’est ce qu’a déclaré mercredi le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, lors du point de presse quotidien.

Le PAM utilisera ce fonds pour fournir des produits alimentaires de base dans le cadre de rations alimentaires mensuelles destinées aux milliers de réfugiés sur le territoire algérien, a-t-il souligné. «Depuis plus de 40 ans, les réfugiés sahraouis vivent dans des conditions extrêmement difficiles dans le désert du Sahara, au sud-ouest de l'Algérie. Hébergés dans cinq camps près de Tindouf, les réfugiés dépendent entièrement du PAM comme principale source de nourriture, car les possibilités d'emploi sont limitées», a-t-il déclaré.

Le PAM promet de fournir aux réfugiés un panier de nourriture diversifié

«Grâce à la contribution des États-Unis, le PAM pourra fournir aux réfugiés un panier de nourriture mensuel diversifié comprenant du riz, de l'orge et de la farine de blé, des légumineuses (y compris les lentilles et les pois cassés), de l'huile végétale enrichie, du sucre et un mélange de soya de maïs», a indiqué mercredi le Programme alimentaire mondial des Nations unies dans un communiqué publié sur son site.

Le communiqué cite aussi Romain Sirois, représentant du PAM en Algérie, selon qui «l'aide du PAM aux réfugiés sahraouis est indispensable car ils dépendent presque entièrement de nos rations mensuelles pour garantir les besoins alimentaires de leurs familles». Il déclare aussi que le PAM est «extrêmement reconnaissant pour cette contribution ponctuelle et le soutien continu du gouvernement américain et des personnes que nous recevons chaque année».

Le programme onusien rappelle également que les États-Unis sont un partenaire clé et l’un des principaux donateurs de son bureau algérien. Depuis 2013, le pays aurait fourni, selon le PAM, plus de 19 millions de dollars.

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU soutient les Sahraouis des camps de Tindouf depuis 1986. Il affirme qu’un suivi sera mené afin de «s’assurer que l'assistance atteigne les personnes auxquelles elle est destinée».

Une baisse due au détournement des aides et au refus de recenser la population des camps

En juin dernier, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres a exhorté les pays donateurs d’accroître les aides humanitaires destinées à la population des camps de Tindouf. Dans un communiqué, il a assuré que le PAM a besoin de 7,9 millions de dollars pour «continuer à fournir une aide alimentaire cruciale au cours des six prochains mois». Un mois plus tôt, en mai, le «Croissant rouge sahraoui» (CRS) avait annoncé que «le PAM a réduit la ration alimentaire mensuelle aux réfugiés de près de 20% durant ce mois de mai, qui se réduira davantage en juin s’il n’y a pas une contribution de donateurs le plus tôt possible».

Dans le rapport sur le Sahara occidental, daté du 10 avril et remis aux membres du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU a révélé que sur les 135 millions de dollars promis aux Sahraouis pour les exercices 2016 et 2017, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) n’a reçu l’an dernier que 34% de ses besoins, estimés à 29 millions de dollars.

Le rapport a tiré la sonnette d’alarme sur le fait que les donateurs ont de plus en plus tendance à réduire leurs aides aux Sahraouis. C’est d’ailleurs le cas de la Suède, qui a annoncé en avril la réduction de presque de moitié de ses aides accordées à ces populations. Une décision prise par le gouvernement de Stefan Löfven qui s’est traduit par la perte de cinq millions d’euros par an pour le Polisario.

La réduction des aides est imputable à deux facteurs essentiels : elle est d’abord la conséquence directe des opérations massives de détournement des aides humanitaires par les hauts cadres du Polisario, qui avaient été pointés du doigt en 2015 dans un rapport de l’Union européenne. La baisse intervient également alors que les donateurs appellent, depuis plusieurs années, à un recensement de la population des camps, auquel l’Algérie et la direction du Front s’opposent.

10/08/2017