Joint au téléphone par FRANCE 24, un otage français retenu par les militants islamistes qui ont attaqué un site gazier dans le sud-est de l'Algérie témoigne. Selon lui, les ravisseurs ont contraint des otages à enfiler une ceinture d'explosifs.

Dans la nuit du 16 au 17 janvier, la rédaction de FRANCE 24 a pu entrer en contact avec un otage français retenu par des militants islamistes sur le site d’hydrocarbures de BP dans la région d'In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie.

Pour l'heure, les autorités françaises n'ont pas confirmé la présence de ressortissants français parmi le groupe de travailleurs kidnappés.

L'otage a donné des précisions sur la nationalité des autres personnes retenues avec lui, évoquant des ressortissants britanniques, japonais, philippins et malaisiens. "Ils ont attaqué les deux sites en même temps", explique-t-il parlant du site gazier et du lieu de vie des travailleurs. "Ils sont entrés à l'intérieur et, une fois qu'il a fait jour, ils ont rassemblé tout le monde", a-t-il déclaré.

Selon lui, les ravisseurs sont lourdement armés et ont contraint certains otages à enfiler une ceinture d'explosifs. Ils auraient menacé de faire exploser le site au cas où les autorités algériennes décidaient d'intervenir.

FRANCE 24 n'est pas en mesure de déterminer si l'otage joint par téléphone a livré son témoignage sous la contrainte ou non.

Une réponse à l’intervention dans "l’Azawad islamique"

La chaîne a également pu joindre l’un des ravisseurs, Abou al-Walid, membre de la brigade Al-Mouthalimin. Celui-ci a expliqué que les ravisseurs voulaient faire passer un message fort à la France, mais aussi aux autorités algériennes, coupables d’avoir ouvert leur espace aérien aux avions français, et aux pays voisins comme la Mauritanie.

En kidnappant des ressortissants américains et britanniques, la brigade dirigée par le militant islamiste Mokhtar Bel Mokhtar a souhaité punir leurs pays pour avoir "envahi des pays musulmans", précise le ravisseur. Concernant d’éventuels ressortissants français, il affirme que leur capture est une réponse à "l’intervention (française) dans l’Azawad islamique", du nom donné par les rebelles maliens au Nord-Mali.

Selon Abou al-Walid, le "destin des otages est lié à l’éventualité d’une intervention algérienne".

17/01/2013