Les autorités mozambicaines ont tenté d'imposer la participation du Polisario à un sommet Afrique-Japon, engendrant une altercation. La délégation marocaine s’était opposée à la participation de membres du Polisario à une réunion à laquelle le mouvement n’a pas le droit de participer.

La scène est surréaliste. Elle se déroule dans la capitale mozambicaine, Maputo, où se tient actuellement une réunion ministérielle de suivi de la TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur l’Afrique). On voit le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et la délégation marocaine malmenés par le pays hôte.

La délégation marocaine a tout le mal du monde à accéder à la salle de conférence, alors qu'elle dispose des accréditations. Le tout se déroule devant une pancarte où l’on peut pourtant lire « No badge, no entry, thank you" (pas de badge, pas d’entrée, merci). Les bousculades entre délégation marocaine et agents de sécurité mozambiquains se poursuivent devant la porte.

 

A l’origine de cette scène surréaliste ? Des tensions entre le pays hôte et les délégations marocaines et japonaises. Leurs motifs ? La volonté du Mozambique de faire participer des représentants du Polisario à une réunion pourtant placée sous l’égide de l’ONU, qui ne reconnait pas la RASD. Tout débute lors de la réunion préparatoire où le pays hôte de l’événement tente « d’imposer » la présence  d’éléments du Polisario indique une dépêche de l’agence de presse MAP, citant une source proche de la délégation marocaine, diffusée tard ce jeudi 24 août.  Une présence que le Japon "refuse", d'après la même source. Résutat: la réunion préparatoire des Hauts-Fonctionnaires n’a pas pu se tenir.

Suite à cela c’est la réunion ministérielle prévue dans la foulée qui se tient avec beaucoup de retard. Et pour cause: en raison de la "complicité scandaleuse du pays hôte" les membres de la délégation marocaine  sont «contraints d’assister la partie japonaise pour que seules les délégations officiellement invitées et disposant des accréditations nécessaires accèdent à la salle de réunion », ce qui n’est pas  le cas des représentants de la RASD qui tentent toujours de forcer leur chemin. Parmi eux, Mohamed Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la RASD, qui s'effondre au sol après s’être vu refusé l’accès à la salle, rapporte un témoin sur place.  Après plusieurs heures de débats les autorités mozambicaines décident d’ordonner à « leurs forces de sécurité, y compris des  éléments en tenue militaire, d’agresser des membres des délégations japonaise et marocaine» rapporte la MAP qui précise que des membres de la délégation marocaine se sont vus empêcher  « d’accéder à  la salle de réunion, bien qu’ils disposaient des accréditations nécessaires » comme l’illustre la vidéo ci-dessous.

 

A l’issue de cette échauffourée, la réunion s’est bien tenue en présence de représentants du Polisario qui se sont introduits « par une porte dérobée » et ont occupé des sièges réservés à la délégation mozambicaine. Suite à cette intrusion,  les responsables japonais ont rappelé que cette réunion était seulement destinée aux « pays africains reconnus par le Japon » indique la MAP. Selon la même source,  la photo de famille prise à l’occasion de l’événement , et où ne figure aucun représentant du Polisario,  a été la plus « éloquente à ce sujet puisqu’elle ne comporte que les délégations officielles invitées par le Japon à participer a cette réunion ».

25/08/2017