Aïcha El Basri, ancienne porte-parole de la mission de l’ONU au Darfour, a témoigné, ce 13 avril, de son travail passé, devant la commission des affaires étrangères du congrès américain.

Elle a critiqué les défaillances des missions onusiennes dans le monde, en pointant du doigt la visite polémique de Ban Ki-moon à Tindouf, en mars dernier.

 Hasard du calendrier ou pas, le témoignage de Aïcha El Basri devant la commission à huis clos des AE s’est déroulé le même jour que l’audition du secrétaire-adjoint d’Etat américain devant la Chambre des représentants à Washington, qui a donné lieu à des critiques de l’action du SG sur le dossier du Sahara.

 

L’ancienne employée de l’ONU qui était auditionnée sur les problèmes des missions onusiennes de maintien de la paix dans le monde, n’a pas épargné le secrétaire général de l’ONU, qui doit bientôt remettre son rapport annuel sur la Minurso aux 15 membres du Conseil de sécurité.

 

Celle qui est devenue lanceuse d’alerte, a déclaré aux parlementaires de la Commission des affaires étrangères que l’envoi de forces de maintien de paix comme la Minurso ne servait à rien, si le diplomate en chef de la planète fait preuve de partialité pour régler les conflits internationaux.

 

"Nous vivons actuellement une crise majeure et sans précédent entre le Maroc et le secrétariat général de l’ONU. Ban Ki-moon s’est permis de rencontrer le polisario sans consultation préalable avec l’autre partie du conflit et sans souci d’équilibrer sa tournée régionale par une visite au Maroc".

 

"Alors que le rôle du patron de l’ONU est de relancer les pourparlers de paix dans les zones de conflit, ses prises de position inédites ont poussé le polisario, fort d’un appui inespéré de la part d’un SG, à menacer de rompre le cessez-le feu de 1991 et de reprendre les armes contre le Maroc." 

 

"L’utilisation du terme occupation, l’inclinaison devant le drapeau du polisario et son V de la victoire à Tindouf ont contribué à transformer un conflit gelé en une bombe à retardement, prête à exploser."

 

Rappelons que cette Marocaine n’a pas attendu la crise entre le Royaume et le secrétariat général de l’ONU pour dénoncer la partialité du système onusien dans certaines missions de maintien de la paix.

 

Aïcha El Basri a été chargée de communication pendant 14 ans à l’ONU en Irak, en Egypte et au Soudan, avant une démission fracassante, motivée par sa découverte de petits arrangements onusiens.

 

Surnommée la Snowden féminine, elle s’était illustrée après sa démission de l’ONU en 2013, en faisant fuiter dans le journal Le Monde et la revue Foreign Policy des milliers de documents confidentiels (câbles diplomatiques, rapports, mails) prouvant la partialité de l’ONU dans le conflit du Darfour.

 

En 2015, Aïcha El Basri a reçu le prix annuel "Ridenhour Truth" pour récompenser ses témoignages contre l’ONU, qui cachait dans ses rapports les crimes et génocides du régime soudanais au Darfour.

 

Dans une tribune publiée récemment dans Médias 24, l’ancienne porte-parole de la Mission des Nations-Unies au Darfour (Minuad) avait qualifié Ban Ki-moon de général partisan, dont la visite déstabilisatrice pour la région du Maghreb devait faire l’objet d’une enquête du Conseil de sécurité.

15/04/2016