Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré

Le Mali a demandé l'aide militaire de la France alors que les insurgés islamistes qui tiennent le nord du pays ont mis en déroute jeudi les forces gouvernementales dans la ville stratégique de Konna. 

 

La chute de Konna, au terme des affrontements les plus acharnés depuis le début de l'offensive des combattants touareg et djihadistes, constitue un revers majeur pour les forces gouvernementales. Cette ville représentait le dernier rempart entre les insurgés et Mopti, la principale ville de la région qui est située à une cinquantaine de kilomètres de là et qui constitue la porte du Nord désertique. 

 

Réunis en urgence à New York à la demande de la France, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont exprimé jeudi soir leur "profonde inquiétude relative aux mouvements militaires et aux attaques de terroristes islamistes signalés dans le nord du Mali, en particulier la prise de la ville de Konna". 

 

En 2012, le nord du Mali est devenu un sanctuaire pour les groupes islamistes armés dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui l'occupent totalement et prétendent y appliquer la charia (loi islamique) dont ils ont une interprétation rigoriste. 

 

Face à l'impuissance des autorités de transition mises en place à Bamako après le putsch du 22 mars 2012, l'Afrique de l'Ouest a proposé l'envoi, avec l'aval de l'ONU, d'une force armée de plus de 3.330 hommes, que des pays européens, dont la France, ont promis d'aider logistiquement, pour la reconquête du nord du Mali. 

 

Le déploiement de cette force a été approuvé le 20 décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU, selon lequel il est prévu par étapes mais sans calendrier précis, et ne devrait pas exclure parallèlement un dialogue avec des groupes armés respectant certains préalables. 

 

Dans une déclaration adoptée jeudi, le Conseil de sécurité a demandé un "déploiement rapide" de la force internationale au Mali devant la "grave détérioration de la situation" sur le terrain. 

 

L'émissaire de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, avait estimé en novembre une telle intervention militaire impossible avant septembre 2013. Toutefois, en visite jeudi à Bamako, où il a rencontré le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, il a déclaré que "si l'offensive" des islamistes se poursuivait "encore, je pense qu'il y aura des décisions extraordinaires du cô té de la communauté internationale". 

 

11/01/2013