En Espagne, les sénateurs du Parti Populaire ont empêché l’adoption de deux propositions résolument anti marocaines. Explications.

En Espagne, les premières conséquences politiques de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (UE), du 27 février, commencent déjà à se manifester. Jeudi, à la Commission des Affaires étrangères du Sénat, les partisans du Polisario se sont réunis au sein groupe Compromis, une mosaïque de petites formations d’extrême gauche sous le commandement de Podemos. Ils ont présenté deux propositions foncièrement opposées au Maroc.

 

Le premier exige du gouvernement Rajoy de déclarer «sa préoccupation pour l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental» par des entreprises de l’Union européenne.

 

Les auteurs du texte ont lancé, par ailleurs, un appel aux sociétés des Vingt-huit opérant dans la province pour «cesser toute activité» qui pourrait «favoriser la poursuite de l’occupation», indique l’agence Europa Press.

 

Le PP craint les conséquences d’une crise politique avec le Maroc

 

 

Heureusement pour les intérêts du Maroc, l’initiative n’a pu recueillir les voix nécessaires à son adoption par la Chambre haute du Parlement. Les sénateurs du Parti Populaire au pouvoir l’ont rejetée. En effet, les élus du PP possèdent une confortable majorité au Sénat. Ils ont 148 sièges contre 62 pour les socialistes (opposition), alors que le groupe Compromis est représenté par 21 sénateurs.

 

Pour le porte-parole du PP, l’approbation d’une telle proposition pourrait «conduire à une crise politique avec le Maroc qui affecterait principalement l’Espagne», a-t-il expliqué lors de son intervention devant les membres de la Commission des Affaires étrangères.

 

Quant à la deuxième proposition, présentée également par l’extrême gauche, elle demande à l’exécutif espagnol de s’engager dans la solution du conflit au Sahara. Elle aussi a subi le même sort que la précédente.

 

Le PP, fort de sa majorité au Sénat, l’a enterré. Les parlementaires de la droite soulignent que des passages dans le texte comme «occupation» ou «invasion» ne sont pas compatibles avec la position officielle de l’Espagne. Et de rappeler que Madrid plaide pour une «solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable qui prévoit la libre autodétermination du peuple sahraoui conformément à la Charte de l’ONU».

 

Malgré ce revers subi par les alliés de Podemos au Sénat, ces derniers pourraient rebondir à la Chambre basse, où le parti de Mariano Rajoy n’a pas la majorité.

 

 

02/03/2018