Commentant l’arrêt de la CJUE sur l’accord de pêche de 2014, Saâdeddine El Othmani a martelé que la souveraineté du Maroc sur le Sahara est une ligne rouge à ne pas franchir. Le Maroc n’accepte aucune atteinte à ce fondement, a-t-il souligné.

L’arrêt du 27 février de la CJUE sur l’accord de pêche conclu entre le Maroc et l’Union européenne a été abordé lors de la traditionnelle allocution de Saâdeddine El Othmani à l’occasion de la réunion du conseil de gouvernement, ce jeudi 1er mars.

 

Devant ses ministres, le chef du gouvernement a affirmé que le Maroc tient au respect de «son intégrité territoriale et à l’appartenance de ses provinces du sud à son territoire», et qu’«il n’accepte aucune atteinte à ses fondements nationaux. Ceci est un fondement parmi les fondements des relations extérieures du Maroc».

 

El Othmani a également réitéré l’attachement du royaume à ses relations privilégiées avec l’Union européenne, mais sans que cela «porte atteinte à ses principaux fondements». Et d’annoncer que le «Maroc continuera à préserver ses intérêts». 

 

«A l’exception de ses principaux fondements, le Maroc est flexible, à l’heure des négociations, des coopérations et des partenariats. Le Maroc est fier que ses relations internationales soient diverses et équilibrées.»

 

Le Maroc a-t-il révisé sa position ?

 

Le ton ferme du chef de l’exécutif tranche complètement avec les propos modérés du ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, tenus quelques heures après la publication de l’arrêt de la CJUE.

 

 

«Pour l’avenir des négociations, il va falloir adapter les outils pour être en phase avec l’arrêt de la cour», a déclaré mardi Aziz Akhannouch lors d’un point de presse. Pour rappel, la CJUE a estimé que l’accord de pêche de 2014 est valide mais non applicable au Sahara occidental.

 

Le ton ferme adopté par El Othmani a été repris par Mustapha El Khalfi. «Le Maroc ne signera aucun accord qui ne respecte son entière souveraineté sur son territoire national. [Il] n’accepte de signer ou de poursuivre dans un traité, y compris celui portant sur l’accord de pêche [avec l’UE] qui soit en dehors de ce cadre-là», a martelé cet après-midi le ministre des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement.

 

02/03/2018