Le 21 mars, la Commission européenne s’est engagée à intégrer les eaux du Sahara dans le prochain accord de pêche avec le Maroc. Une décision en phase avec l’engouement des entreprises de l’UE actives dans la province.

La campagne menée tambour battant par des ONG internationales n’a visiblement pas dissuadé les sociétés européennes de prendre part aux projets lancés au Sahara. Dans une nouvelle sortie, l’«Association de surveillance et de protection de l’environnement au Sahara occidental» a relevé le ballet incessant de navires provenant de l’Union européenne vers les ports au Sahara.

 

Dans son réquisitoire, l’ONG souligne notamment la présence d’un bateau néerlandais ayant pour mission d’acheminer du matériel pour la nouvelle centrale éolienne de Boujdour prévue pour 2019. D’autres navires battant pavillon panaméen transportent de la farine de poisson vers l’Espagne. L’association ne se contente pas de dénoncer les autorités marocaines, qui viole selon elle la «légalité internationale», mais condamne aussi la société Siemens.

 

Siemens, Windhoist, Wisby Tankers...

 

Le géant mondial est en effet très engagé aux côtés du royaume dans la réalisation des centrales électriques, malgré les pressions de la part d’ONG pro-Polisario, basées en Europe. Le 7 décembre 2017, «Western Sahara Resource Watch» a demandé dans un courrier adressé au management de Siemens de cesser toutes ses activités sur le territoire. 

 

WSRW est, par ailleurs, à l’origine de la plainte ayant conduit à l’arrêt du 27 février de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), invalidant la pêche dans les eaux du Sahara occidental pour les bateaux de l’UE.

 

Dans le viseur de ces associations figure également la compagnie britannique Windhoist. Celle-ci s’est félicitée dans un communiqué, en octobre 2017, de l’installation de 56 éoliennes Siemens fabriquées à Tanger et destinées au parc de Boujdour, d’une capacité de 201,6 MW.

 

Les projets d’énergies renouvelables figurent en bonne place dans le programme d’investisseents dans les provinces sahariennes. En plus des centrales éoliennes de Boujdour ou Tarfaya, il faut également compter avec le programme de centrales solaires Noor, notamment à Laâyoune (80MW) et à Boujdour (20MW).

 

Pas que l’éolien et le solaire

 

Il n’y a pas que l’énergie verte qui pousse les grandes sociétés internationales à s’installer au Sahara. En effet, un rapport de la WSRW a établi une liste d’entreprises suédoises travaillant pour le compte de groupes marocains dans l’extraction des phosphates, la fourniture de produits pétroliers, la pêche et même un tour opérateur qui promeut le kitesurf à Dakhla. Les projets lancés par le Maroc au Sahara ont également attiré des groupes indiens et bulgares.

 

Pour rappel, à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte, le roi Mohammed VI présidait à Laâyoune la cérémonie de la signature de 200 chantiers à réaliser dans les cinq années à venir dans les trois régions sahariennes pour un budget de 77 milliards de dirhams.

 

31/03/2018