Bachir Mustapha Sayed compte expérimenter une vielle recette : La contestation à grande échelle dans les villes du Sahara. Il parie sur la rue et prévoit de tourner la page des «oppositions des salons». Dimanche, les grandes lignes de sa politique ont été présentées devant une vingtaine de polisariens de l’intérieur.

Bachir Mustapha Sayed entend marquer de son empreinte son passage au «ministère des territoires occupés». Le frère du fondateur du Polisario, El Ouali Mustapha Sayed, compte ainsi relancer la contestation dans les grandes villes du Sahara contrôlées par le Maroc.

Cette méthode a déjà fait ses preuves lors des événements du campement de fortune Gdim Izik, en novembre 2010, sachant que toute l’opération a été planifiée en amont par Bachir Mustapha Sayed, grâce à un flux massif de jeunes des camps de Tindouf, à l’appel de la «mètre patrie».

Dimanche et à l’occasion du 42e anniversaire de la commémoration de la proclamation de la «RASD», Sayed a organisé une conférence sur les avantage de «la résistance pacifique».

«Parier sur la rue et non plus sur les oppositions de salon»

«26 sympathisants du Polisario au Sahara ont fait le déplacement en Algérie pour assister à la réunion», nous confie une source. «A l’adresse de ces invités, Bachir Sayed leur a promis des fonds pour mener à bien des marches de contestation à Laâyoune, Dakhla ou encore Smara», ajoute-elle.

La stratégie du nouveau «ministre» est claire. Il prévoit de relancer le projet d’élargir le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits humains dans la province. Pour ce faire, il parie sur la rue pour gagner cette bataille. «En revanche, il a montré moins d’enthousiasme à ce qu’il appelle «l’opposition des salons» pour atteindre cet objectif», nous explique la même source.

Si ces menaces étaient mises à exécution, elles pourraient sonner le glas pour de nombreux rentiers du mouvement droit-de-l’hommiste au Sahara, réuni dans des associations ayant pignon sur rue. 

La présentation des grandes lignes de cette politique a été précédée par des actes de vandalisme commis dans la nuit du samedi à dimanche, par sept individus cagoulés contre des biens publics sur l’avenue Chérif Réda à Laâyoune. La police les arrêtés et a saisi des bouteilles incendiaires en leur possession.

27/02/2018