Bamba Haideb est un rallié installé à Dakhla. En 1992, précisément en juin, soit un an, jour pour jour après l’appel Royal lancé par Feu S.M le Roi Hassan II ‘’La patrie est clémente et miséricordieuse’’ Bamba, qui était installé en Espagne où il avait créé l’embryon d’une ONG appelée l’Organisation mondiale des Sahraouis marocains pour les retrouvailles et le regroupement, a  décidé de regagner la mère-partie dont il avait une nostalgie indicible, dit-il.
Il intégra alors le ministère de l’Education nationale et commença une nouvelle vie parmi les siens. 
La joie des retrouvailles et le regroupement familial stimulèrent sa détermination à reprendre les activités de l’ONG dont il avait posé les jalons pendant son séjour ibérique. Connaissant bien les ralliés, nouvellement revenus au pays, il prit contact avec eux et réactiva ses réseaux dans les camps et de par le monde pour propager son idée de regroupement et de retrouvailles des Sahraouis où qu’ils soient.
C’est dans ce cadre que son organisation a décidé d’initier la première rencontre internationale des Sahraouis du monde. Cette rencontre accueillera, en plus des Sahraouis venus de partout, une quarantaine de reporters photographes et de journalistes, notamment d’Espagne. 
Entretien.
 
Libé : Comment comptez-vous étendre l’idée d’une diplomatie parallèle contribuant à résoudre le conflit artificiel du Sahara ?
 
Bamba Haideb : Nous sommes des milliers de Sahraouis disséminés à travers les différentes régions du Royaume et à travers les quatre coins du monde. Jeunes, nous avions quitté le pays pour des raisons diverses sur lesquelles je ne m’étendrais pas. L’appel historique de Feu Hassan II était venu à point nommé, car les jeunes gens que nous étions, commençaient à se rebeller contre les dirigeants  du Polisario, de plus en plus enclins à se soumettre à la dictature algérienne. Ce qui se soldait par des arrestations dans nos rangs. Accusés d’être à la solde du Maroc, plusieurs d’entre nous avaient été arrêtés ou liquidés.  Nous saisissions alors toutes les occasions pour fuir malgré les grands risques. Notre rébellion avait profité à plusieurs cadres fondateurs du Polisario, dont Omar Hadrami que les services algériens avaient incarcérés. Au début des années 90, les ralliés étaient accueillis à bras ouverts et intégrés, conformément aux instructions Royales. 
 
Parlez-nous de votre ONG. Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés?
 
Comme vous le savez, personne ne connaît mieux les Sahraouis que l’un des leurs. Avec les réseaux que notre organisation étend, que ce soit dans les camps, en Mauritanie, en Espagne, à l’intérieur du Royaume où partout ailleurs dans le monde, nous défendons l’allégeance de nos aïeux aux Rois alaouites, nous défendons l’intégrité territoriale et l’unité de notre pays ; nous nous déployons pour rassembler nos compatriotes et à les amener à rentrer chez eux.
 
Des manifestations contre la direction du Polisario deviennent quotidiennes et les langues se délient pour dénoncer cette direction. Est-ce le commencement de la fin pour le Polisario ?
 
Les manifestations dans les camps expriment le mécontentement des populations qui souffrent depuis plus de quarante ans et qui en ont marre d’être marginalisées, opprimées, sous-alimentées et vivant dans des conditions inimaginables au 21ème siècle. Mais surtout sans lueur d’espoir d’une solution mettant fin à leur calvaire.
 
Quel commentaire vous inspire le rejet par l’ONU de la proposition d’élargir les prérogatives de la MINURSO à la surveillance des droits de l’Homme ?
 
On parle, ici et là, de grands succès de la diplomatie marocaine, à ce propos. Je ne partage pas cet avis. On doit plutôt parler d’un succès enregistré par une intervention personnelle de Sa Majesté le Roi.
Quand on sait que la prétendue société civile dans les camps est à pied d’œuvre toute l’année,  sur le plan international pour mettre en échec toute tentative marocaine dont la diplomatie ne bouge pour parler de la cause nationale qu’à l’approche du mois d’avril de chaque année, je trouve que c’est décevant. Par ailleurs, je pense que les Sahraouis doivent être impliqués dans tout ce qui concerne ce dossier qu’ils connaissent mieux que n’importe qui.
 
L’organisation de la rencontre que vous préparez, suppose d’importants financements. Quelles sont vos sources de financements?
 
Nous avons écrit à plusieurs partenaires éventuels demandant le soutien, les seules réponses qui nous soient parvenues, à ce jour, sont celles du Conseil de la région et du conseil municipal.
Mais cela ne nous a pas découragés ou empêchés de continuer avec nos propres moyens. Notre conviction est que nous devons continuer à servir la cause nationale.  
09/06/2014